les défenseurs des pesticides nous sortent toujours le même refrain " fermez la vous n'y connaissez rien vu que vous n'avez pas grandi à la campagne " et pourtant sans être fils de paysan j'ai tout à fait les droit de donner mon avis sur cette bouffe de M qui en plus de détruire notre santé détruit notre planète
on ("je", car je suis le visé) n'a jamais défendu les pestos à tout crin (dans mon cas, je défends une très forte réduction de ceux-ci tout en reconnaissant qu'on ne peut pas totalement s'en passer),
on (je) n'a jamais dit "fermez-là" mais "arrêtez de basher le paysan qui fait de son mieux avec les méthodes et les savoirs qui sont les siens, surtout en vous basant sur des référentiels datés". Regardez bien où sont consommé les pestos en France, et pourquoi la conso augmente globalement (bah oui

), vous seriez peut-être surpris. Quand je tranchais les choux, les raves ou les patates, je voyais pleins de gens (zone touristique) nous dire "c'est bien, vous n'utilisez pas d'herbicides", mais personne ne proposait de prendre la tranche ni de se lever à 5h du mat pour finir vers 22h (avec juste une pause casse-croute rapide à midi). Et personne n'était vraiment d'accord quand on proposait à la vente un produit à peine 2 fois plus cher que le voisin qui faisait un usage immodéré de chimique. C'est toujours facile de dire "bravo"/"yakafonkon" / "oh les vilains agris" quand on a seulement le chéquier à sortir.
Pour la bouffe de M, personne n'oblige personne à acheter. Il y avait une demande pour de la bouffe pas cher, l'industrie s'est adaptée et à produit ce que demandait le client. Donc taper sur l'indus et sur ses fournisseurs alors qu'on est souvent le premier responsable, c'est trop facile. Aujourd'hui, une partie de la clientèle à compris qu'on n'avait que ce qu'on payait, jamais plus, mais il suffit de voir le ratio entre rayons "bio" et rayons classiques dans n'importe quelle supermarché pour voir que, s'il a eu de gros progrès, la majorité n'a pas encore l'envie ou les moyens de ses ambitions. Il y a toujours des gens qui préfère McDo au restau 1 étoile.
Pour le cuivre, je ne sais pas. J'ai arrêté la bouillie bordelaise de mon coté parce que le raisonnement me paraissait scientifiquement logique et fondé (le cuivre est un "métal lourd").
PS : les "néo-ruraux" qui s'installent ont souvent :
- un pécule leur permettant de s'installer (vs le paysan qui reprenait la ferme familiale via des emprunts pour faire des mises aux normes)
- une expérience pro de 15/20 ans en dehors de la paysannerie (permet d'apporter un regard neuf, donc de changer de méthode)
- à l'origine d'une création, donc il n'y a pas de passif (plus facile que de réorienter toute la chaine en place)
- un bagage éducatif très largement supérieur à celui des paysans déjà en place (en 2017, presque 50% avait un bac+5 en Bretagne)
- font des choix d'activité nécessitant un investissement moindre
- s'installent souvent dans des zones de faible pression foncière (normal, ailleurs c'est très très compliqué)
Source : ma belle-soeur s'occupait des dossiers d'installations sur le Finistère jusqu'en 2017 (avant de s'installer elle-même en ovin bio), et mon beauf est responsable régional du service "conseil entreprise" à la CDA Bretagne (Tu admettras que coté sources, il est difficile de faire plus fiable. On n'est pas dans de la brochure partisane, pas dans de la communication, pas dans "je crois que"/"on m'a dit que", pas dans le ressenti, pas dans un reportage tf1/bfm)