Glouglou

De Le Wiki du Brassage Amateur
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Définition

Dindon sauvage.jpg
Le glouglou n'est pas un animal exotique et encore moins une espèce en voie d'extinction...Non plus dans le cas qui nous intéresse le cri caractéristique de cet oiseau de la famille des Phasianidae traditionnellement décimé en périodes de fin d'année. Bien que faisant référence à un bruit caractéristique, facilement reconnaissable, il est néanmoins (comme disait Cléopatre) fort éloigné d'un gloussement quelconque.

Non, nul besoin de nous glousser pour l'instant, le "glouglou" rapporté au monde merveilleux du brassage amateur n'est autre qu'un bloblotement dû au passage forcé de bulles de gaz (du CO2 principalement) au travers du barboteur, lui-même rempli d'un liquide plus ou moins quelconque, à savoir de l'eau, parfois de l'alcool, parfois un mélange d'eau et de produit désinfectant, mais toujours un liquide, permettant aux bulles de produire ce fameux son, joyeux, rassurant et tellement vivant : le "glouglou".







    

Principe mécanico hydraulique

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"Tout corps plongé dans un liquide reçoit une poussée inverse équivalente au poids du volume déplacé"... 

Certes cette citation est approximative, mais surtout elle n'a absolument rien à voir avec le cas qui nous intéresse. Dommage...

Imaginons pourtant un récipient, hermétique (très important !), muni d'un couvercle percé en son centre, lui même muni d'un bouchon percé en son centre également, dans lequel on a enfiché un "barboteur" (voir illustration ci-contre), lui même à demi rempli d'un liquide comme déjà mentionné plus haut.

Imaginons ensuite le produit des opérations de brassage, soit un môut refroidi, ensemencé avec soin d'une levure (ou plusieurs) digne de ce nom.

Après quelques instants, comptés en heures, une activité certaine se fait sentir et surtout entendre : le "glouglou" !

La fermentation provoquée par les levures occasionne dans cette première phase de fermentation un dégagement de gaz important, gaz qui cherche naturellement à s'échapper du récipient, mais le récipient étant souvent hermétique, il ne lui reste qu'un passage pour libérer sa pression : le barboteur. Hors ce dernier contient du liquide, le gaz doit alors traverser celui-ci pour sortir enfin, créant tout d'abord une pression sur ce liquide qui remonte donc dans la partie la plus proche de la sortie, liquide qui finit par céder à la pression (du gaz, pas de la bière encore), laissant passer une bulle de ce même gaz qui au passage provoque le bruit caractéristique, sujet de cet article plus ou moins discutable (un onglet "discussion" est réservé à cet effet).



 

Le mystère du "a pu glouglou"

Ce terrible évènement, qui a frappé la quasi totalité des brasseurs (amateurs) sans toutefois à notre connaissance avoir fait de victimes et en frappera encore vraisemblablement beaucoup d'autres, peut être un vrai drame, et nous pesons nos mots.

En effet il s'attaque principalement au brasseur débutant, donc encore vulnérable, en pleine découverte d'une alchimie certes merveilleuse, riche, passionnante, mais encore à ce stade tellement obscure que ces premiers pas peuvent être sans aucun doute les plus éprouvants, voire même les plus inplacables pour les moins préparés à cette épreuve.

La nature est cruelle qui s'attaque toujours aux plus faibles, c'est sans doute ainsi qu'elle sélectionne les meilleurs et sans doute pour cette raison que nos bières sont censées s'améliorer avec le temps. 
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Mais laissons le temps au temps et revenons au mystère...

Comme expliqué précédemment, ou pas, le jus de malt résultant des opérations de brassage est un milieu hautement propice au développement de la vie, à savoir la multiplication des levures soigneusement sélectionnées et ensemencées dans cet environnement. Ces microscopiques organismes vivants procréant joyeusement (on les comprend) ont l'impolitesse exquise dans ces instants ô combien magiques de se laisser aller à ces dégazements inappropriés qui vont provoquer les soubresauts glouglouteurs.

Ces spasmes inconvenants durent en moyenne quelques jours, comme une lente agonie apparente, finissant par s'amenuiser jusqu'à s'éteindre totalement laissant supposer à ses impuissants spectacteurs en une petite mort certaine à qui le triste évènement fait dire au détour d'une larme déjà bien amère : "a pu glouglou"....


  

Une minute de silence 

...





Requiem pour un glouglou

Mort subite xtreme framboise.jpg
Certes le chagrin est bien réel, nous compatissons (d'Aix bien sûr) et le plus ou moins jeune brasseur, déjà tombé à genoux près de son fermenteur, les yeux rivés sur ce barboteur désespérement inerte, une canette à la main en guise d'extrême onction avant la mise en bière maintenant manifestement improbable, s'apprête à faire transporter les restes encore tièdes de son premier brassin vers des cieux tout aussi improbables.

Arrêtez le !

Remettez le sur ses pieds, regardez le dans les yeux, prenez votre courage à deux mains (ou le sien mais pas les deux, ou alors d'une seule main chacun) et annoncez lui avec la plus grande bienveillance :

"Non, ton brassin n'est pas mort !"

Regardez le incrédule vous accuser des pires cruautés (retenez vos sourires) et expliquez lui calmement :
"Ta fermentation va bien ! Tu n'entends plus son coeur battre mais elle est bien vivante !
Elle est comme un nouveau né qui après les premiers cris va pouvoir enfin commencer à s'allaiter sereinement et se reposer des efforts déjà fournis.

Sors ton densimètre, regarde comme elle a déjà bien fait son "travail", et tu vas pouvoir la déposer amoureusement dans un nouveau berceau pour qu'elle continue de grandir à défaut de pousser".

Nul doute que le pauvre mettra quelques instants à accepter ce nouveau non deuil avant de retrouver le sourire, soyez patient et convaincant, au besoin en cas d'extrême urgence conseillez lui de lire ces lignes afin d'achever une fois pour toute son incrédulité tenace, mais constatez ensuite les couleurs lui revenir aux joues et un nouveau bonheur l'envahir tout entier.

C'est le moment d'en ouvrir une pour fêter l'heureux non évènement, la bonne fausse nouvelle, car comme dit l'autre plus que jamais :

"Mieux vaut avoir une bière dans le corps... que le contraire".

Quant à la mise en bière d'une bière, nous y reviendrons un autre jour sans doute...