bonjour,
en tant que créateur de la bière celtika 8.8°, je souhaite apporter des précisions sur ce projet un peu fou.
A l'origine, nous sommes avec mon associé Hervé, les fondateurs de Brasserie de Bretagne. l'entreprise a été "construite" par la reprise de BRITT en 2000, brasserie qui avait 1,5 ans et qui battait de l'aile à Trégunc. Puis nous avons repris DREMMWEL à Tréguier en 2003 et enfin CELTIK à Cléguérec en 2007.
Aujourd'hui nous sommes 25 salariés dans l'entreprise et nous brassons 12 bières, certaines originaires des brasseries initiales, d'autres créées par nous comme la Sant Erwann (aux 7 céréales) et la Celtika 8.8°.
Si ça intéresse je pourrais expliquer comment chez nous, nous créons des bières et leurs éléments indispensables (bouteilles, étiquettes...) mais ici je voulais expliquer pourquoi et comment on a créé le concept global et différenciant de la Celtika 8.8°.
On fait tout en interne, sur un coin de table, dans la mesure où ce n'est pas des spécialistes du marketing qui viennent nous vendre et nous monter des projets.
Pour la Celtika 8.8°, il s'agissait de créer notre dixième bière bouteille pour les 10 ans de la brasserie et de la rendre moins "bretonne" que les autres afin de pouvoir la vendre au delà de Vitré, en France ou à l'export. Malheureusement, dans une France hypercentralisée, la Bretagne n'est pas très connue dans le monde !
L'idée du verre corne est venue en observant la richesse et l'approche des bonnes bières belges, souvent la référence, et notamment ce que faisait Kwak (pas la meilleure bière mais très beau verre). Elles ont souvent des beaux verres.
Je me suis vite rendu compte qu'aucun brasseur n'avait pensé à la corne, à la vrai corne en verre, sans pattes et sans pieds. Un contact avec des verriers m'a permis de me rendre compte de la complexité du projet. Il fallait faire des moules en bois et trouver un pays où la main d'œuvre n'est pas très chère car chaque verre devait être soufflé à la bouche.
Nos premiers verres n'étais pas exceptionnels car on voyait sur certains verres le lien entre les deux parties du moule.
Aujourd'hui nous avons un verrier excellent d'Europe de l'Est ! les verres sont magnifiques...
Pour le socle, je voulais quelque chose de rustique et le socle rectangulaire réalisé par un atelier protégé du Finistère répondait bien à notre demande. Plus tard, nous souhaitons faire travailler des artistes sur des socles en pierre, en bois travaillé, en métal, en céramique avec une soucoupe... ou sur des attaches en cuir...
Je voulais aussi donner une forte identité à la bière, d'où l'idée d'écrire une légende et une composition musicale. J'ai écrit la légende un matin à 5 heures, avant d'amener ma fille (16 ans à l'époque) à l'aéroport, pour rejoindre un petit ami qu'elle avait rencontré par Internet quelques temps auparavant (parfois les parents sont inconscient !).
Etant musicien amateur, je voulais associer cette légende à un morceau musical et au début, j'avais choisi ACDC 'it' a long way to the top..." où Bon Scott jouait de la cornemuse (paix à son âme !). Je n'ai pas réussi à les contacter. J'ai aussi essayé ZZTOP aux Vieilles Charrues, sans plus de succès (ils avaient fait une tournée aux USA nommée beerdrinkers and hell's riders, tout un programme...).
En fin de compte, on m'a présenté un jeune compositeur brestois, Benoît Menut, qui est parti de ma légende et a créer autour de quelques une de mes idées (chant, rock, cornemuse) un morceau que je trouve super prenant.
La légende est donc chantée en vieux breton et en anglais et elle est résumée sur le pack en Irlandais, en Ecossais, en Manxois... merci à Internet et aux liens entre les défenseurs des langues celtiques !
Pour le film, je voulais faire jouer les salariés et avoir des scènes anachroniques d'où les harley avec le Chapter de Quimper. Au départ il avait aussi des rugbymen et un combat de soule dans la lande des Monts d'Arrées, des hordes de cornemuses qui passaient la colline mais en fait on a fait le clip en une demi journée avec Jérome Classe, un cinéaste amateur sur le toit de sa bagnole. Il faisait un temps pourri, c'était le 4 octobre 2008, le jour de mon anniversaire, et après le tournage du clip nous avons fait un méga fest-noz où la celtika a coulé à flot (heureusement beaucoup ont dormi sur place à Botmeur), le lendemain, je partais via Dublin à NewYork pour aller présenter mes bières et ma corne.
Les costumes et armures sont ceux de Martial (le copain de Carole, notre responsable qualité) et de ses potes. La princesse a été enrôlée au dernier moment. En fait elle chantait le soir au Fest Noz et elle a été frogorifié par le tournage pied nu -> heureusement, elle a bien chanté plus tard et il n'y a pas eu d'émeutes. Au départ, j'avais contacté la bretonne Louise Bourgoin mais elle devait être trop occupée par son copain Julien Doré.
Pour tourner le film, Jérôme nous a demandé une somme qui en gros permet a quelques potes de manger ensembles à Paris. Merci encore !
Nous on est vachement content du résultat et on fait des soirées poilantes dans des bars avec le making-off et des cornes.
Maintenant, je voudrais que des amateurs fassent aussi de nouveaux film, quitte à offrir des cornes, afin de les mettre en ligne sur le net.
Je vous incite a aller voir le site
www.celtika.eu pour plus de détails (attention, il n'est pas toujours à jour ! on a trop de boulot) ou encore mieux à devenir mon "ami" sur Facebook afin de suivre spécialement nos aventures avec la CELTIKA 8.8° (c'est en anglais car maintenant on veut conquérir le monde).
Kenavo
Jean-François ISTIN