L'idée est de partager ce que j'ai fait et de m'améliorer au fur et à mesure de mes brassins.
Mais commençons par planter le décor : Cela fait maintenant plusieurs mois voir années que je pense à brasser.
Ces dernières semaines ont étés l'occasion de me lancer.
J'ai lu, je me suis documenté mais surtout j'ai mis beaucoup de temps à choisir le matériel sans y mettre un budget trop conséquent.
J'ai profité de mes congés estivales pour préparer et commander le matériel nécessaire donc.
J'ai choisi de commencer directement en tout grains.
- Une cuve inox de 50 litres
- Des seaux en plastique, barboteur, siphon, ...
- Brûleur
- Moulin type corona (ebay)
- capsuleuse, capsules
- Fabrication d'un manifold
- Fabrication d'un serpentin refroidisseur en cuivre
- Choix de la bière à brasser, ingrédients.
Déjà, autant pour le manifold, pas de soucis, c'est long mais assez simple, autant pour le refroidisseur c'est une autre paire de manches.
C'est vraiment la galère pour le mettre en forme ! J'ai pas eu le courage de m’atteler à faire les consolidations en fil de cuivre, ça sera pour plus tard...
Après différents tests du matériel pour ne pas me retrouver le bec dans l'eau le jour J et le concassage du malt la veille avec l'aide de mon fils (en fait, ça l'amusait tellement que c'est lui qui a tout concassé !) et la mise en place de mon espace de travail dans le garage
Je prépare ma cuve d'eau (12.3 L) et ma réserve d'eau de rinçage la veille.
Pour la recette j'ai choisi une pale ale single hop cascade tirée du bouquin «Faire sa bière maison» de Greg hughes.
Sauf que je n'avais pas bien compris une partie de la recette (concernant la quantité d'eau de rinçage) que je trouve mal expliquée. J'y reviendrais plus tard.
Me voila fin prêt !


Je me dis : «Aller, 1 heure d’empâtage, filtration, 1 heure d’ébullition, refroidissement, ça doit être plié en 3 ou 4 heures cette affaire !»
Je suis parti avec la confiance, je suis revenu avec la patience...
Tout ne c'est pas mal passé loin de là, on va même dire que rien ne c'est vraiment mal passé.
C'est parti pour le brassage pur et dur ! J'ai pris quelques photos au fur et à mesure.

Il est 10h00, je mets ma cuve à chauffer. Déjà je me dis «hum, température d’empâtage 65°C, je vais faire chauffer l'eau un peu plus pour tomber directement à la bonne température avec les céréales».
Je décide donc de monter à 72°C et d'y mettre les malts (5 Kg).
La chose que je n'avais pas anticipée c'est qu'une fois les céréales dans la cuve, la température n'est pas vraiment redescendue aussi vite que je le pensais.
En fait, je pensais qu'il fallait laisser le feu sous la cuve toute la durée de l'empatage ...
Bref je réagis et je coupe le feu. Mais toujours est-il que l’empâtage commence à env. 70°C et n'atteint les 65°C qu'après environ 25 minutes.
Pas spécialement grave je pense...
Je rallume tout doux le feu pour la fin de l’empâtage et tente même un mashout à 75°C pour les 10 dernières minutes.

Je commence à filtrer : je balance tout dans le seau avec le manifold et fait une recirculation pour clarifier le moût. Ok pas de soucis ça fonctionne bien !

Par curiosité, je prend la densité du moût (avant rinçage donc) au réfractomètre : 26 °Brix. Ce qui correspond normalement à 1110.
Je trouve ça bien avant rinçage pour une densité initiale de la recette à 1050.

J'avais pris soin de mettre mon eau de rinçage à chauffer dans la cuisine, mais ne disposant pas d'une marmite assez grande, j'avais mis 10 L à bouillir en me disant qu'une fois mélangée avec les 6 L du seau à 20°C ça me ferais une eau plus ou moins à la bonne température.
Sauf que non, j'ai du faire chauffer plusieurs fois des parties de cette eau de rinçage pour atteindre la bonne température pour l'ensemble de l'eau de rinçage.
Déjà, premier point négatif. Il faudra que j'améliore cette partie là ! D'autant que même une fois la température atteinte, elle redescend assez vite dans le seau.
Je donc mis au moins 3 heures à faire le rinçage. Environ 3 batch avec recirculation à chaque fois car j'ai choisi de remélanger à chaque fois.
En reprenant la densité au réfractomètre, je tombe sur 18°Brix (1074). Je fais une mesure au densimètre pour confirmer: 1060 à 45°C, après correction ça fait 1069. Pas déconnant par rapport au réfractomètre donc...
Mais finalement pas tant que ça de moût dans la cuve.
Je me dis qu'il y a un souci et je reprend la recette. C'est là que c'est pas super expliqué je me rends compte de l'erreur, il ne faut pas 15 litres pour le rinçage comme je le pensais mais 19,7.
Je remets donc 5 litres a chauffer et refais un rinçage correct à 78°C.
Après ce dernier rinçage et avoir bien pressé le gâteau. Je trouve une densité du mout (au réfractomètre) de 14 °Brix (1054).
Je suis satisfait.

Je passe à l'ébullition.

Entre temps, mon moût est tombé à 40°C, je balance plein gaz. Il est 15h00. A 15h30 j'en suis à 90°C. L'ébullition commence à 15h45.
C'est parti pour 1h10 !
J'ajoute les houblons en suivant l'ordre et les timings.
Je mesure distance entre le bord de la cuve et le mout pour connaitre la quantité et voir l'évaporation. La cuve de 50L fait 40X40, d'après mes savants calculs
J'ai au début de l'ébullition 15 cm et donc 31,25 litres dans la cuve.
A la fin de l'ébullition : entre 17 et 18 cm environ soit 28 litres.

Je passe au refroidissement.
Ca se passe bien, 15 min pour refroidir à 30 °C. 5 min de plus pour 2°C je lâche l'affaire.
Je passe au transfert.
Ma cuve n'ayant pas de robinet, je tente à l'auto-siphon. Sauf que lui, je ne l'avais pas testé, ni lavé, ni stérilisé !
Pas le choix, passage à l'eau et en avant !
Pas mal de déboires avec ce siphon il m'à fallu au moins 20 min pour transférer le moût refroidi dans la cuve de fermentation.

Après retrait du refroidisseur et des chaussettes à houblons, la cuve est vide, il y a environ 21 litres dans le fermenteur, sans trop que je sache pourquoi si peu.
Prise de densité au réfractomètre : 17 °Brix => 1067 au lieu de 1050 :/
Pas mal de dépôts transféré dans le seau de fermentation, j'espère que ça va bien se clarifier.
Je balance la levure sèche directement dans le fermenteur, je touille, je ferme. Il est 18h00.
Dès le lendemain matin, le barboteur s'excite, ça n'arrête pas de buller ! Et ça bulle sans interruptions depuis 3 jours. Aujourd'hui un peu moins vite on dirait.
Là où j'ai pas été bon c'est que j'ai mis en fermentation dans un seau assez opaque et sans robinet... Donc je ne vois pas le Krausen et je ne sais pas comment faire pour prendre la densité ni pour le transfert de cuve pour la fermentation secondaire ...
Si vous avez des idées à ce sujet je suis preneur !
Voila pour le résumé de ce premier brassin ! En espérant que la lecture vous plaise, que ça soit pas trop long à lire et que vous ayez envie d'y apporter votre grain de sel.
Hâte de voir ce que ça va donner !
A bientôt et bonne semaine à tous.



