Bonjour,
Pour ce premier message sur le forum, j'ai peur de mettre un peu les pieds dans le plat...
1/ en remontant un peu ce post, qui s'était gentiment éteint, après une - pourtant - (très) vive effervescence...
2/ en revenant au sujet originel lancé par lefloc, après que quelques forumeurs enflammés lui ont bien pourri son fil par divers débats politiques un tantinet décalés du sujet, amha...
C'est que le sujet lancé par lefloc m'intéresse pas mal : quel équilibre économique réaliste peut-on attendre d'une pico-production de 140 l/sem. en se basant sur un chiffrage concret ?
Ça m'intéresse comme une "vraie" activité économique, certes uniquement complémentaire, mais ne demandant qu'un investissement pas trop important, en capital comme en temps de travail, mais se finançant quand même "toute seule"... Bref, une situation inhabituelle, un peu intermédiaire entre amateur et professionnel.
Bon, mon grain de sel maintenant.
- le résultat de calcul de lefloc est alléchant, faut avouer... 19.420 euros par an de bénéfice net après impôts (
seconde version corrigée du calcul), pour une activité demandant une journée par semaine de travail de production (et une quantité de travail - non estimée - pour la commercialisation), ça mérite d'être examiné. Non ?
- la
structure du calcul de lefloc me semble globalement correcte, à la réserve près de la prise en compte de l'impact de l'investissement en matériel dans le coût de production. Le matériel s'use... à l'usage, il faut prendre en compte le coût de cette usure et du remplacement de ce matériel avant qu'il ne soit hors d'usage. La comptabilité prend habituellement cet aspect en compte, me semble-t-il, avec le système de l'amortissement. Si un matériel de production dure trois ans, il perd un tiers de sa valeur chaque année. Il faut provisionner un tiers de sa valeur chaque année pour anticiper son remplacement à terme (et intégrer ce coût dans le calcul du prix de revient).
Sur ce coup, lefloc annonce 3500 euros d'investissement initial en matériel, et 3000 euros par an de provision pour remplacement futur ("matériel divers"). C'est 3 fois trop, non ? Où alors l'investissement initial a été sous-estimé...
- ensuite, on peut discuter
des données qu'on fait "mouliner" au modèle... La question du prix de vente a soulevé un très intéressant débat dans ce fil. Ma contribution: une bière artisanale de production local est disponible près de chez moi (Paris 11e). Elle est vendue en direct à la brasserie ("La Baleine", à +/- 1/4h en métro de chez moi) à 2,50 euros les 33 cl., et le même prix au supermarché au pied de chez moi, qui la distribue aussi. Un poil plus loin (5 mn à pieds), on peut trouver, dans une cave à bière spécialisée (rue de Charonne) à près tout ce qu'on cherche (plus de 1000 références de bières artisanales de toute la France... et du monde entier). C'est plus cher, mais on trouve quand même pas mal de références intéressantes à moins de 3 euros/33 cl...
Bref, 3 euros/33cl., pour moi, c'est une bière artisanale chère, par rapport à l'offre - très - facilement disponible autour de moi. On est pourtant, en plein dans une zone "bobo parisienne" ( comme vous dites), si vous voyez ce que je veux dire...
- troisième point qui "m'interpelle" dans le modèle proposé par lefloc,
la commercialisation. En fait, tu n'en tiens pas compte. On ne sait pas quel investissement financier (publicité, création de point de vente, création de site internet ?) ou en temps de travail (permanence au point de vente, présence dans les salons, les marchés, démarchage de revendeurs, animation du site internet, etc.), sont nécessaire à l'écoulement de la production, aussi modeste soit-elle ?
Comment prendre en compte mes remarques (je veux dire "combien ?"), si elles vous semblent pertinentes, et que donne le modèle de calcul de lefloc en conséquence, à votre avis ?