Bon déjà on peut parler de problèmes écologiques au pluriel et sans guillemet !
Un sujet intéressant et pas forcément évident à aborder. Depuis de nombreuses années nous sommes engagé.es dans une démarche de plus en plus écolo' à tendance radicalement décroissante (nous ne sommes pas sans contradiction, la preuve cette réponse par ordinateur). La plupart des aspects de notre vie sont questionnés, reréfléchis et remodelés. Le brassage ne fait bien évidemment pas exception à la règle !
En attendant de trouver enfin des terres et de pouvoir autoproduire, lorsque nous brassons cela se fait en favorisant les malts AB (pas d'angélisme, un label reste un label, avec ses forces et ses nombreuses limites). Le houblon est en général issu de l'agriculture conventionnelle, nous favorisons les variétés cultivées sur sol européen (encore une fois, vivement l'autoproduction). Pour l'eau nous n'avions pas d'exigence particulière et prenions celle du réseau. Les levures c'est soit la sèche par flemme, soit de la liquide non bio. Le milieu de culture de la levure est bio en revanche.
Pour répondre au "il vaut mieux du conventionnel local que du bio de l'autre bout du monde", on essaye en général de prendre du bio ET du local. Si ça doit venir de toutes façons de l'autre bout du monde, de l'Europe ou de la France alors on va privilégier le bio.
N'ayant pas beaucoup de revenus, la question du "passage" en bio s'est posée. Un 25kg de chez feu Malteurs Échos coûtait ainsi deux fois plus cher qu'un 25kg de chez n'importe quelle grosse malterie. Le prix de "l'écolo'" et du social. Finalement, le prix au litre s'en trouve impacté évidemment mais pas de manière catastrophique, il est toujours plus rentable de brasser chez soi une bière bio' que d'aller acheter de l'artisanale conventionnelle. Nous bénéficions aussi des céréales cultivées dans la ferme de ma compagne, en AB évidemment. Mais y'avait pas d'orge et je n'ai pas été tenté de toutes façons par le maltage maison, donc cette utilisation s'est limitée à une partie des grains seulement.
Concernant le mode de chauffage, notre choix s'était porté sur le gaz, plutôt par défaut au début. Le gaz n'est pas satisfaisant en matière d'environnement, mais je ne considère pas le nucléaire comme une solution satisfaisante non plus. Le projet à terme (quand on remontera la brasserie) sera de faire au bois, poussé et géré localement (rêvons un peu, il sera aussi coupé et débité à la main avant d'être débardé à cheval).
Nous avons tenté des fermentations sans contrôler la température : nous chauffons très peu donc l'hiver ça caille beaucoup pour la bière, et l'été il fait trop chaud, nous n'avions pas de frigo. Le résultat est presque sans appel, il faut un contrôle sérieux de la température, d'une façon ou d'une autre. Une cave aurait pu nous aider grandement en permettant une température basse et stable toute l'année. Bien évidemment nous ne faisions des passages au froid qu'en hiver. La leçon à tirer (on l'étendra à tous les domaines) c'est qu'il convient de fonctionner avec son environnement, et non contre son environnement. (Ré)apprendre la saisonnalité, le printemps c'était des levures tolérantes à la chaleur, l'été et l'automne c'était rien du tout, et l'hiver des levures qui tiennent le froid (un 13-14°C en moyenne dans la pièce de vie convient très bien pour certaines ales, scottish notamment). Pas de lager en plein été, pas de saison en plein hiver.
Nous n'avions pas l'eau courante les 2 dernières années dans le local où on brassait, aussi l'eau de refroidissement était simplement stockée et réutilisée (amener 200l au seau, c'est marrant une fois). La consommation d'eau ne me semble pas être un vrai problème, dans le sens où la réutilisation de cette eau propre ne pose en apparence aucun souci particulier (toilettes à eau si ça existe encore, jardin, douche, bêtes...). Pensez d'ailleurs à couper le robinet en vous lavant les dents

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En bref on a essayé de faire du mieux qu'on pouvait avec les moyens dont on disposait et avec l'énergie qu'on était prêt.e à mettre là-dedans. Les solutions aux problèmes environnementaux ne sont de toutes façons pas d'ordre individuelles mais bien politiques, dans tous les sens du terme.