Brassins et expériencesJournal d'un Ecossais, ou le Biab pour les radins et les débutants

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l-ecossais
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Re: Journal d'un Ecossais, ou le Biab pour les radins et les débutants

Message par l-ecossais »

J-1 avant les choses sérieuses.
Le concassage du malt et une mise en place fastidieuse.
L'anniversaire du forum est l'occasion de brasser ma première bière au seigle (25%) et de tester deux levures différentes qui sembleraient convenir et dont je dispose, bien sûr. La moitié du brassin sera fermenté avec de la S-04 de récupération, la deuxième moitié avec de la levure sèche T-58.
Ma première étape consiste à m'attaquer au broyage des différents malts. Seigle, Pilsner, Pale et CaraAroma.
Depuis quelque temps, j'ai abandonné ma cafetière broyeuse pour un moulin Vevor. Un investissement difficile à avaler pour un radin. Avec le recul, j'avoue que la dépense astronomique d'une soixantaine d'euros valait le coup, la bête est efficace, rapide et ne risque pas de tomber en panne. Comme je n'envisage même pas de tourner une quelconque manivelle, il faut simplement que je pense à recharger la batterie de la visseuse à l'avance.

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Je commence par le seigle malté, dont le grain est plus allongé que celui de l'orge. Après deux passages tests, j'obtiens un résultat avec peu de farine et des grains suffisamment broyés en plusieurs morceaux. Cela ressemble à ce que je recevais lors de mes premiers achats de malts déjà broyés pour du Biab. Je me rends compte que je suis revenu à mon réglage de base, soit entre 0,7 et 0,8 mm pour l'écartement des rouleaux, l'épaisseur d'une carte bleue sans les écritures en relief. Je vais gagner du temps en passant les différents malts à la queue leu-leu, sans modification du moulin. Le malt broyé tombe directement dans un seau, la poussière est contenue par le couvercle en bois. Le nettoyage du moulin n'a rien de compliqué. Un coup de soufflette, à l'extérieur, et retour sur son étagère.
J'en profite pour remercier Choussinga qui a donné l'idée d'utiliser une cale à bougie pour simplifier le réglage des rouleaux et conserver l'écartement.

Il est temps de mettre en place tout le matériel.
Pas question de brasser dehors en plein hiver, surtout que le temps est humide. Je n'ai pas encore de pièce dédiée au brassage, mais c'est prévu. Hélas, mon matos et les effluves qui l'accompagnent sont personae non gratae dans la cuisine, où ma chérie règne. Vous connaissez l'adage, ce que femme veut, l'homme essaye de s'y conformer un minimum.
Direction le hammam, à l'autre bout de la maison, où je pourrai faire autant de vapeur que nécessaire. La pièce est carrelée, isolée et ventilée. Douchette, bonde d'évacuation au sol, un vrai petit laboratoire de cuisine. Mon pot rejoint la banquette, bien stable. Je le remplis avec 21 litres d'eau, comme indiqué sur ma feuille Beerxcel. De l'eau municipale, chère mais de bonne qualité. Certes, un peu calcaire, mais jamais de goût bizarre. Un peu trop basique par moment aussi. Son profil est indiqué comme pouvant convenir aux bières "maltées". Ça me va, j'aime bien le malt sous toutes ses formes, dans une tasse, dans mon whisky et dans ma bière. J'ai pris l'habitude de rajouter une cuillère à soupe de jus de citron pour 10 l d'eau, question d'acidité. Sauf pour ma stout. Ce calcul de pH, que je ne connais plus, avait été expliqué par plusieurs d'entre vous sur d'anciens posts. Pour mes ales, je n'ai jamais vraiment senti la différence, mais l'idée m'a toujours paru séduisante, un petit "plus" technique sans produit chimique. Une technique qui permet d'entretenir la discussion avec les amis de passage et de vider une pinte par la même occasion. Il faudra qu'un jour je prenne le temps de faire un test, avec deux petits brassins en simultané.
Je ne filtre pas l'eau, elle aura le temps de se dégazer d'ici demain matin et de se réchauffer. Un processus d'amélioration efficace et gratuit.
Ouf, avec toutes ces activités, il est temps de me calmer et de me poser. C'est l'heure de l'apéro et une bière de Noël nous attend, car au moment où je commence à rédiger ce journal, c'est la saison. Brassin de chez Meteor, ramené la veille par un ami alsacien, nul n'est parfait.
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Une bière ambrée avec un petit goût d'orange, dommage qu'il s'agisse d'arômes. Une bière simple et agréable. Sláinte !
Afin de faire taire les mauvais esprits sur le temps que je prends pour préparer mon matériel, je précise que depuis quelques années, je suis obligé d'anticiper la moindre de mes activités physiques. Les mouvements peuvent s'avérer épuisants pour moi. Donc, comme un vieux ancré dans sa routine, je mets en place tout mon matos à l'avance et je réfléchis au brassage complet avant de démarrer. J'évite ainsi les aller-retour et les manipulations que je ne peux pas gérer. C'est casse-pied, mais rassurez-vous, ça n'empêche pas de brasser. Tout prend juste plus de temps.

Demain sera le jour J ou plutôt le jour B, celui du brassage. Tout sera prêt, il n'y aura plus qu'à… Ce sera également le jour des 20 ans du forum. :dance:
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Re: Journal d'un Ecossais, ou le Biab pour les radins et les débutants

Message par Pedzouille »

Si déjà tu ne changes pas le réglage de ton moulin, c'est inutile de passer les malts séparément. Tous en semble, tu mélanges et c'est parti.
C'est même conseillé pour le seigle il me semble. 0.8mm je trouve ça fort étroit :cyclops: T'as pas trop de farine ?
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Re: Journal d'un Ecossais, ou le Biab pour les radins et les débutants

Message par l-ecossais »

Je n'avais jamais broyé du seigle. J'ai préféré faire des tests avant, vu que la forme du grain est un peu différente. Le réglage étant finalement le même, j'ai tout passé à la suite.
Avec 0,8, je n'ai quasiment pas de farine et tous les grains sont cassés. En soit, la farine ne me pose pas de problème avec mon sac et je préfère que tout soit bien broyé. L'aspec correspond à ce que je recevais lorsque je commandais mon malt avec l'option "broyage Biab". Avec 0,9, quelques grains restent entiers.
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Re: Journal d'un Ecossais, ou le Biab pour les radins et les débutants

Message par Hush »

Bonjour,
l-ecossais a écrit : 22 janv. 2024 15:42 Je commence par le seigle malté, dont le grain est plus allongé que celui de l'orge. Après deux passages tests, j'obtiens un résultat avec peu de farine et des grains suffisamment broyés en plusieurs morceaux. Cela ressemble à ce que je recevais lors de mes premiers achats de malts déjà broyés pour du Biab. Je me rends compte que je suis revenu à mon réglage de base, soit entre 0,7 et 0,8 mm pour l'écartement des rouleaux, l'épaisseur d'une carte bleue sans les écritures en relief. Je vais gagner du temps en passant les différents malts à la queue leu-leu, sans modification du moulin.
Nous disposons d'un jeu de tamis pour connaitre la répartition des différentes fractions. Si vous le souhaitez, vous broyez 100g de malt ou mélange de malt, vous mettez le tout dans un sachet étanche vous nous l'envoyez et on vous tamise/pèse les différentes fractions.
viewtopic.php?p=515600&hilit=tamis#p515600
Service gratuit (est il besoin de le préciser) on ne re éxpédie pas vos échantillons .
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Re: Journal d'un Ecossais, ou le Biab pour les radins et les débutants

Message par Vavangue »

l-ecossais a écrit : 22 janv. 2024 15:42 je suis obligé d'anticiper la moindre de mes activités physiques
Jusqu'à l'économie de mouvement. C'est vrai qu'il est vraiment, vraiment radin. :lol:

V.

:jesors1:
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Re: Journal d'un Ecossais, ou le Biab pour les radins et les débutants

Message par l-ecossais »

Hush a écrit : 23 janv. 2024 9:09 Nous disposons d'un jeu de tamis pour connaitre la répartition des différentes fractions.
Le principe est en effet très sympa et gratuit, qui plus est. Il faut que je vérifie mon rendement avec mes feuilles Beerxcel. Normalement, je suis dans la fourchette haute. Sinon, je ferai appel à tes services pour vérifier ce qui sort de mon moulin.
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Re: Journal d'un Ecossais, ou le Biab pour les radins et les débutants

Message par l-ecossais »

C'est le jour J ou plutôt le jour B, celui du brassage de ma bière au seigle, avec 2 levures. :cuve: Tout est prêt, il n'y a plus qu'à…

Manque de bol, le lever est difficile et je me rends compte que je prends du retard. Heureusement que le matériel est installé depuis hier, sinon, j'aurais laissé tomber pour la journée. La matinée est bien avancée. Je décide de décomposer mon brassin en deux séquences : le brassage avant le déjeuner et l'après-midi pour le houblonnage, le refroidissement, la mise en fermenteur et le nettoyage.

L'eau a eu suffisamment de temps pour dégazer dans le pot, pour éliminer un éventuel goût chimique et prendre la température de la pièce. Hop, je mets en chauffe pour atteindre 68/69°, légèrement au-dessus de l'objectif. L'ajout du malt plus froid rétablira la bonne température. Le thermostat de ma OneConcept (Klarstein regriffée) n'étant pas à 10 degrés près, je surveille la chauffe, thermomètre en main. 15 ou 20 minutes sont nécessaires. Plouf, le sac est immergé au-dessus de son faux fond, une ancienne grille à pizza. Les malts prennent la suite. Je touille avec mon fourquet pendant quelques minutes. L'odeur est agréable, mais je ne repère pas celle du seigle. En a-t-il vraiment une ? Température atteinte, 66,5°, je lance le monopalier de 75 minutes, une durée qui n'est pas prise au hasard.

30 minutes de brassage seraient à peine suffisantes pour atteindre la densité optimale. C'est le principe de la Short&Shoddy pour les brasseurs pressés et des recettes simples. J'ai testé. On divise le temps de l'empâtage et du houblonnage par 2, avec un rendement parfois moindre et un goût un peu moins développé, quoique... Si les quantités sont adaptées, les expériences montrent que lors d'une dégustation à l'aveugle, il est difficile de faire la différence sur une smash. Pour autant, cette technique, qui a ses amateurs souvent américains et pressés, est trop rapide pour moi. En si peu de temps, tout s'enchaîne trop vite et je n'arrive pas à suivre le mouvement. Sans grand intérêt aujourd'hui, j'ai le temps.

45 min, ce serait a priori bon pour le Pilsen et le Pale, mais un peu juste pour les autres malts. Je pourrais faire un test à l'iode pour savoir si l'empâtage est bien terminé. C'est rigolo à réaliser, mais le temps de vérifier, je serai déjà à 60 min. Autant attendre.

Au-delà d'une heure de trempe, c'est sûr, l'empâtage est techniquement terminé, pas besoin de test. Sur des malts complexes, une durée allongée offre la possibilité de grappiller quelques points de densité et un peu de goût malté. Certaines brasseries patientent parfois 120 minutes ou plus. Aujourd'hui, j'utilise du malt de seigle pour la première fois, une trempette un peu rallongée ne me paraît pas aberrante. Je suis loin des 4 heures pour ma bière norvégienne.

Depuis le début, je donne quelques coups de fourquet tous les quarts d'heure. L'instrument reste en plastique, je n'ai pas encore la version inox qui est plus chère. Quelques casseroles soutirées et reversées dans le sac favorisent la recirculation, il n'y a pas de pompe sur mon pot. Je prends garde que du dépôt ne colle pas au fond, ce qui occasionnerait un arrêt de la plaque chauffante. Le drap de bain qui recouvre le pot évite les déperditions de chaleur. Après 45 minutes, le thermomètre indique une baisse de 2 degrés. Petit coup de chauffe, sans grande conséquence sur mon budget électricité. :wink:
Dans ces moments, j'envie les heureux propriétaires de systèmes Brewmonk, SS Brewtech et autres merveilleuses inventions. Dans une autre vie, peut-être, si je suis moins radin.

Les 75 minutes arrivent à leur fin. La couleur du liquide est bien marquée, assez proche de la rouille et une bonne odeur de céréales chaudes se dégage dans la pièce. Je suis tellement content de moi que j'appelle direct à l'aide pour soulever le sac et insérer une grille pour l'égouttage. Bien que je n'aie pas les bras en fil de fer, ce geste est trop compliqué pour moi et un peu risqué. Dans la foulée, je mets 1,5 litre d'eau de rinçage dans la bouilloire, celle pour le thé, réglage à 75°. L'égouttage est très lent, beaucoup plus lent que d'habitude. Je m'y attendais, mais pas autant que ça. Bon, je patiente en vérifiant que le sac reste bien centré, pour éviter les dégoulinures à l'extérieur. Si le carrelage ne craint rien, je n'oublie pas que je manipule de la bière en devenir. La moindre goutte se respecte. Une demi-heure d'attente à regarder couler un filet doré au lieu des 5 minutes habituelles.

Quelque chose m'échappe, sans savoir quoi exactement.

L'égouttage se termine. L'eau chaude attend. À cet instant, je finis par me rendre compte que j'ai oublié le mash-out. Horreur ! Pourtant, il est bien indiqué sur ma feuille que je coche au fur et à mesure. J'ai zappé, cela m'arrive. Habituellement, je passe cette étape. Dès que le sac est remonté, je démarre l'ébullition, avant même la fin de l'égouttage.

:angryfire: Un petit coup de chaud aurait amélioré la fluidité du gâteau de drèches. Bref, mon manque de concentration m'a fait perdre un temps fou. Je décide de vérifier la densité avant de verser mon eau chaude. On ne sait jamais. 10,4 Brix, soit 1,040 après correction. :eprouvette: Rehorreur, je suis loin du compte, je vais sortir de la Bitter de base ! Je reprends ma feuille Beerxcel et je me rends compte premièrement que pour une raison qui m'échappe, j'ai enregistré un ratio d'empâtage de 5,5 au lieu de mes 5 habituels. Deuxièmement, la quantité d'eau qui s'affichait pour le rinçage était en rouge, pour avertir qu'il y avait un surplus d'eau, de 1,5 litre. J'avais cru comprendre qu'il fallait ajouter 1,5 litre. Il va falloir évacuer 2,5 litres sous forme de vapeur pour retomber sur mes pattes.

Pas question de faire un rinçage avec une telle densité. Je goûte les drèches, elles me paraissent trop sucrées par rapport à d'habitude. Je reprends ma casserole et je fais trois vidages sur le gâteau. C'est reparti pour 5 minutes d'écoulement très lent et un nouveau pressage. Cette fois, le sucre est moins marqué. Cela suffira. Je termine de bien presser mon sac, pas comme un malade, mais suffisamment pour qu'il ne goutte plus. La moindre goutte, vous vous souvenez. Pas de risque de faire passer des tanins, il faudrait que j'appuie vraiment plus fort pour ça, alors que je suis déjà au maximum de mes muscles.
Nouveau problème. Aujourd'hui, j'ai prévu une longue pause entre l'empâtage et l'ébullition. Le mash-out aurait permis de figer le profil de ma bière. J'ignore si 2 ou 3 heures d'attente vont vraiment modifier le résultat, avec la température qui risque de descendre tout doucement. Dans le doute, je remets le brassin à 66°, le couvercle et le drap de bain par-dessus pour conserver la chaleur. Un deuxième drap complète l'isolation. Que de temps perdu.

Comme les drèches, je termine la matinée essoré. Il est l'heure de faire une pause pour le déjeuner. Ce midi, moules normandes à la bière, frites et... bière ! :chope: Une bière d'inspiration norvégienne fermentée avec une Voss Kveik M12 de chez Mangrove Jack's, 3ème génération. Vous l'avez compris, c'est "journée bière" à la maison. Ce n'est pas encore les célébrations de Burns' Night, la fête écossaise, mais c'est l'anniversaire du forum ! Happy Birthday !


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Si vous ne savez pas cuisiner les moules à la bière, la recette est on ne peut plus simple. Façon normande : moules du Mont-Saint Michel, bière blonde ou ambrée, branches de céleri. On enlève la moitié du bouillon et on ajoute de la crème fraîche d'Isigny. Façon écossaise chic : moules de l'île de Lewis, n'importe quelle bière pourvu qu'elle soit écossaise, ail écossais (moins fort que celui en France), persil ou estragon écossais et la même manipulation avec de la double-cream du comté de Stirling (le coin du Loch Lomond si vous aimez Tintin). Le top ! En accompagnement, vous buvez la bouteille entamée pour la cuisson. Jamais de whisky dans les moules !

Après mon café, je repartirai à mon brassage.
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Re: Journal d'un Ecossais, ou le Biab pour les radins et les débutants

Message par Pedzouille »

T'es pas avare pour tout, les mots t'en a assez. Bon c'est normal, c'est gratuit :lol:
1042 après conversion. Enfin ça dépend des sites utilisé peut-être. Y a pas d'alcool, pas besoin de correction.
Tu n'as pas de couvercle pour ta cuve ? Les draps de bains c'est pas très étanche ni isolant.... Bizarre pour un radin, t'as laissé la cuve réglé sur 66° jusqu'à la reprise ?
Le compteur tourne... :shifty:

Je supposes que t'en es à l'ébullition au moins à cette heure ci !?
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Re: Journal d'un Ecossais, ou le Biab pour les radins et les débutants

Message par l-ecossais »

Il y a bien sûr un couvercle pour la cuve, mais un drap de bain par dessus permet de limiter les déperditions de chaleur au minimum. Le thermostat intégré est surtout décoratif, donc inutilisable. Une fois la température atteinte, j'éteins le pot. C'est tout.
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Re: Journal d'un Ecossais, ou le Biab pour les radins et les débutants

Message par l-ecossais »

Après quelques péripéties matinales, je reprends mon brassage. Je sors les levures du frigo, un paquet de T58 sèche et mon pot de S-04 de récupération, qui vont retrouver la température ambiante.
Pendant le déjeuner, le brassin est redescendu à 63°, la baisse est minime. Mise en route de l'ébullition. Je mets d'emblée le Barbe Rouge dans sa chaussette et plouf, dans le bain. Il va y avoir de la vapeur, hammam à la bière cet après-midi.
Habituellement, je monte la température jusqu'à l'ébullition, j'attends quelques minutes, puis je mets le couvercle et coupe la chauffe. Je ne relance que toutes les vingt minutes, histoire de dire. Bref, une pseudoébullition de radin. Quelle joie de découvrir sur des forums et des chaînes pros que je n'étais pas le seul à pratiquer cet art de la radinerie ébullitionniste. Un peu comme une secte, nous ne le disons qu'à voix basse, de peur des critiques ou du vol d'idée, on ne sait jamais.
Mes premières inquiétudes à sujet concernaient les DMS, la réaction de Maillard et l'isomérisation complète des acides du houblon.
Comme beaucoup, je n'ai jamais eu de problème de DMS, mais j'ai un ami qui a un ami qui a eu le problème, surtout avec du 6 rangs. Mes malts (pale et pilsner) sont du 2 rangs, peu problématiques. Aujourd'hui, avec toute la vapeur que je vais dégager, le danger sera clairement écarté.
Concernant l'effet de Maillard, je fais bien la différence sur un Tbone grillé ou pendant la cuisson de la marmelade d'orange. Mais dans mon pot, ça n'a jamais fonctionné. Pas assez puissant, je suppose. D'ailleurs, je suis curieux de vos expériences à ce sujet. Dans ma façon de faire, le Cara Aroma est plus efficace.
Concernant l'isomérisation des acides du houblon, elle démarre dès 70°, un peu comme pour le thé. Donc, je maintiens la température au-dessus de 90/95°, mais je n'entretiens pas le bouillonnement. Résultat identique et économie d'énergie.
50 minutes d'attente avant de mettre mon Fuggle. Je prends un thé pour me remettre de mes émotions. J'aurais préféré une bière, mais tout seul dans mon coin, ce serait triste. Sans oublier qu'aujourd'hui, exceptionnellement, mon brassin doit bouillir sous peine d'avoir de la bibine de pub à touristes. J'imagine déjà la facture d'électricité.
Je profite de ce temps mort pour amener un cadeau aux poules : les drèches. Je cache aussi quelques petits tas en hauteur, pour le chien. Le pépère en raffole. Enrichissement de l'environnement, comme dit ma chérie. S'il en reste, ce sera pour les oiseaux ou le compost.
50 minutes plus tard, j'ouvre la porte et je découvre un monde de vapeur aromatisée à la bière. J'aurais dû mettre l'extracteur en route dès le début, tant pis. Enfin, l'essentiel est atteint, je suis redescendu à 18,5 litres. Je prends un échantillon pour mon réfracto. La pipette trempe deux minutes dans l'eau froide pour que le liquide soit vers 20°. La mesure tombe : 1,047. C'est bon pour moi, je garde cette densité, je perdrai juste 0,5° d'alcool. Ça ne changera pas grand-chose.
Les cônes de Fuggle vont du congélo à leur chaussette et rejoignent le brassin. 10 minutes, il ne faut pas que j'oublie l'heure. Je plonge dès à présent mon serpentin dans le pot et je remets à la limite de l'ébullition. La stérilisation du tube en cuivre se fera automatiquement.

Pour le refroidissement, j'ai immergé une mini-pompe de 25W dans la piscine. Dix minutes plus tard, j'enlève les chaussettes pour figer le profil aromatique et je branche mes petits tuyaux. La piscine est juste devant la porte. Nous sommes en hiver, l'eau est à 9°, le refroidissement va être rapide. L'eau chaude repartira dans la piscine. 15 minutes d'attente et la température du brassin descend à 23°. Tant que c'est entre 20° et 25°, cela me convient.
Je ne fais plus de whirlpool. Avec le serpentin, le résultat n'était pas terrible, ou je m'y prenais mal. Je me suis rendu compte que le refroidissement rapide favorise l'agglomération des particules, qui coulent au fond. Au final, l'effet semble être le même.
Pendant ce quart d'heure, je n'ai pas chômé. Nettoyage des deux seaux de fermentation avec un peu de Puro Oxi (du percarbonate de soude). Rinçage à l'eau claire. D'ailleurs, j'ai suivi avec attention la dernière discussion du forum sur les produits de nettoyage/désinfection et le rinçage. Je ne désinfecte pas à proprement parler, vu qu'à mon niveau, le percarbonate fait déjà le boulot, sur un matériel déjà propre, robinets compris. À ma décharge, je n'ai ni pompe, ni vanne, ni tuyau (à part celui du siphon auto) ni refroidisseur à plaque qui seraient susceptibles de poser des problèmes.
Pour transférer le brassin, comme plusieurs sur le forum, je vide tout dans le seau. À mon niveau, c'est simple, rapide, sans risque. Seule subsiste au fond du pot une petite couche assez dense, de la valeur d'une pinte.

Donc aujourd'hui, journée spéciale anniversaire du forum, je tente une petite expérience à mon humble niveau. Je sépare le brassin en deux, car je testerai deux levures, S-04 et T-58. J'essaye d'obtenir une répartition homogène. Je reprends ma densité : 1,048. Ah, c'est mieux.
Une demi-dose de S-04 liquide à température ambiante dans le premier seau, ce qui suffit habituellement, puis un demi-paquet de T-58 dans l'autre. Couvercles, j'essaye de secouer vigoureusement pour oxygéner, barboteurs et quelques gouttes d'alcool de prune du voisin. Dans les barboteurs. Pas mon gosier, il est encore trop tôt. Petit couvercle jaune pour la S-04 et rouge pour la T-58. Ce serait dommage d'oublier ce qui est dans chaque seau.
Je finis donc le brassage avec deux fois 8,75 l de bière au seigle.
Pause. J'en ai besoin, car l'étape suivante est le nettoyage et le rangement.
Donc, nettoyage du pot avec la douchette et un coup de paille de fer sur le fond chauffant. Rinçage du sac et des chaussettes. Les restes de houblon partent au compost. Attention pour ceux qui ne le savent pas, le houblon, même cuit, est toxique pour les animaux. Un coup de douchette sur les murs, la banquette et le sol, c'est propre. C'est l'intérêt de travailler dans une pièce d'eau - ou une brasserie si vous avez une chance énorme.
Re pause. Je regarde mon matériel qui sèche. Mes muscles sont quasiment tétanisés. Je remets le rangement au lendemain. Ce soir, j'ai prévu une stout tourbée pour moi et une Smash pilsner/Cascade pour ma chérie, houblon d'un voisin et la S-04 de 2ème génération, du local donc.
Quelques heures plus tard, les deux barboteurs émettent déjà leur doux glouglou. C'est anecdotique, mais toujours rassurant. Les fermenteurs partent dans la pièce sèche, avec une température constante de 20°. :D
Il va maintenant falloir attendre 3 à 4 semaines pour mettre en bouteille.
pils, heifeweizen, pale ale, rousse au sarrasin, Scottish brown tourbée, stout
For a quart of Ale is a dish for a King. – William Shakespeare, The Winter's Tale