Le concassage du malt et une mise en place fastidieuse.
L'anniversaire du forum est l'occasion de brasser ma première bière au seigle (25%) et de tester deux levures différentes qui sembleraient convenir et dont je dispose, bien sûr. La moitié du brassin sera fermenté avec de la S-04 de récupération, la deuxième moitié avec de la levure sèche T-58.
Ma première étape consiste à m'attaquer au broyage des différents malts. Seigle, Pilsner, Pale et CaraAroma.
Depuis quelque temps, j'ai abandonné ma cafetière broyeuse pour un moulin Vevor. Un investissement difficile à avaler pour un radin. Avec le recul, j'avoue que la dépense astronomique d'une soixantaine d'euros valait le coup, la bête est efficace, rapide et ne risque pas de tomber en panne. Comme je n'envisage même pas de tourner une quelconque manivelle, il faut simplement que je pense à recharger la batterie de la visseuse à l'avance.
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Je commence par le seigle malté, dont le grain est plus allongé que celui de l'orge. Après deux passages tests, j'obtiens un résultat avec peu de farine et des grains suffisamment broyés en plusieurs morceaux. Cela ressemble à ce que je recevais lors de mes premiers achats de malts déjà broyés pour du Biab. Je me rends compte que je suis revenu à mon réglage de base, soit entre 0,7 et 0,8 mm pour l'écartement des rouleaux, l'épaisseur d'une carte bleue sans les écritures en relief. Je vais gagner du temps en passant les différents malts à la queue leu-leu, sans modification du moulin. Le malt broyé tombe directement dans un seau, la poussière est contenue par le couvercle en bois. Le nettoyage du moulin n'a rien de compliqué. Un coup de soufflette, à l'extérieur, et retour sur son étagère.
J'en profite pour remercier Choussinga qui a donné l'idée d'utiliser une cale à bougie pour simplifier le réglage des rouleaux et conserver l'écartement.
Il est temps de mettre en place tout le matériel.
Pas question de brasser dehors en plein hiver, surtout que le temps est humide. Je n'ai pas encore de pièce dédiée au brassage, mais c'est prévu. Hélas, mon matos et les effluves qui l'accompagnent sont personae non gratae dans la cuisine, où ma chérie règne. Vous connaissez l'adage, ce que femme veut, l'homme essaye de s'y conformer un minimum.
Direction le hammam, à l'autre bout de la maison, où je pourrai faire autant de vapeur que nécessaire. La pièce est carrelée, isolée et ventilée. Douchette, bonde d'évacuation au sol, un vrai petit laboratoire de cuisine. Mon pot rejoint la banquette, bien stable. Je le remplis avec 21 litres d'eau, comme indiqué sur ma feuille Beerxcel. De l'eau municipale, chère mais de bonne qualité. Certes, un peu calcaire, mais jamais de goût bizarre. Un peu trop basique par moment aussi. Son profil est indiqué comme pouvant convenir aux bières "maltées". Ça me va, j'aime bien le malt sous toutes ses formes, dans une tasse, dans mon whisky et dans ma bière. J'ai pris l'habitude de rajouter une cuillère à soupe de jus de citron pour 10 l d'eau, question d'acidité. Sauf pour ma stout. Ce calcul de pH, que je ne connais plus, avait été expliqué par plusieurs d'entre vous sur d'anciens posts. Pour mes ales, je n'ai jamais vraiment senti la différence, mais l'idée m'a toujours paru séduisante, un petit "plus" technique sans produit chimique. Une technique qui permet d'entretenir la discussion avec les amis de passage et de vider une pinte par la même occasion. Il faudra qu'un jour je prenne le temps de faire un test, avec deux petits brassins en simultané.
Je ne filtre pas l'eau, elle aura le temps de se dégazer d'ici demain matin et de se réchauffer. Un processus d'amélioration efficace et gratuit.
Ouf, avec toutes ces activités, il est temps de me calmer et de me poser. C'est l'heure de l'apéro et une bière de Noël nous attend, car au moment où je commence à rédiger ce journal, c'est la saison. Brassin de chez Meteor, ramené la veille par un ami alsacien, nul n'est parfait.
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Une bière ambrée avec un petit goût d'orange, dommage qu'il s'agisse d'arômes. Une bière simple et agréable. Sláinte !
Afin de faire taire les mauvais esprits sur le temps que je prends pour préparer mon matériel, je précise que depuis quelques années, je suis obligé d'anticiper la moindre de mes activités physiques. Les mouvements peuvent s'avérer épuisants pour moi. Donc, comme un vieux ancré dans sa routine, je mets en place tout mon matos à l'avance et je réfléchis au brassage complet avant de démarrer. J'évite ainsi les aller-retour et les manipulations que je ne peux pas gérer. C'est casse-pied, mais rassurez-vous, ça n'empêche pas de brasser. Tout prend juste plus de temps.
Demain sera le jour J ou plutôt le jour B, celui du brassage. Tout sera prêt, il n'y aura plus qu'à… Ce sera également le jour des 20 ans du forum.


