J'adore l'esprit de ce post, alors je lui dédie mon dernier brassin de dimanche !
En mode rageux frustré, entre une maison à vendre et une autre à acheter, je n'ai pas lancé de potion depuis 2mois.
Parait que c'est pas ouf les casiers de bouteilles en déco pour les visites ..
Et puis, ben pas le temps !
Finalement, les papelards et autres incursions ayant récemment pris fin, samedi soir 23h je regarde le calendrier et je me dit : fichtre, changement de cabane dans 1 mois, rien de prévu demain, y'a une fenêtre de tir ou bien ? Allezzz
Ah oui sauf que :
- pas de recette préparée
- aucune idée de l'inventaire
(A ce stade et en bon maniaque du contrôle, en temps normal la réflexion s’arrêtait là et c’est un dimanche repos qui s’annonçait)
- une partie de mon matos est déjà dans un carton !
- le dit carton a déjà foutu le camp de la maison !! (ça je ne le saurais qu'au matin suivant..)
Mais là, la décision est prise : r.à.b. demain je brasse ! Dernier effort de la soirée je tire 20L + 12L de flotte dans deux seaux.
Je pars me coucher en me disant, dernier brassin à cette adresse, on fait les choses bien...
Le matin, encore sur les réflexes bien intégrés d'un process habituel maitrisé et rassurant, j'entame les fouilles, sort, branche le matos, transfert ma flotte, lance la chauffe. Ok, bon c'est bien beau mais on va y faire tremper quoi dans cette galtouse ?
C'est là qu'on commence à raccrocher l'esprit du post ... c'était pas le plan à la base, ok y'avait pas de plan..
- Le stock de grain est un merdier constitué de fonds de sacs et dont les quantités ne dépassent pas le kg chacun.
- Les houblons se résument à une poche de magnum au poids inconnu, des restes de perle et saaz mélangés (me demandez pas..) et un 100g de bramling tout neuf
- Le rayon levure est des plus pauvres aussi et mis à par la Nottingham de secours j'ai une Lall. London ESB et une M15 Empire Ale.
Ah ! Une inspiration outre-manche se laisse envisager.
Ok je cogite un moment, parce que dans 30min j'ai une cuve réglée à 68° qui va attendre que je me sorte les doigts.
Finalement se sera (pff je sais même pas donner un nom ou un style, on continue la descente vers la simplicité..) une ale noire d'inspiration porter anglais avec la base de grain la plus nikée possible, à savoir 2 pale différents, du munich 25, du mélano, du crytal 150, du seigle, du blé grillé, du café, du roasted, un reste de flocon 5 céréales. Le tout pour réunir une quantité qui me semble "habituelle" à l’œil car impossible à vérifier, pas moyen de retrouver une balance.
Allez on envoie tout le monde dans le moulin, je suppose qu'on est entre 5 et 6.5 kg de grain, et que ça va être trèèèès noir.
Du coup la dessus je me demande : la London ou la Empire ? Allez sort les deux va, on sait jamais (non non, là je sais vraiment pas en fait).
Les houblons, ça commence à ressembler à quelque chose si je colle un Magnum + Bramling ? Vendu on prépare ça, à l’œil.
Vu que je n'ai pas trainé j'ai encore le temps de préparer tout le reste, j'aime organiser mon petit coin labo, tout à sa place, au poil de b..
C'est là que les souvenirs remontent, et que j'ai un flash ou je vois partir un carton avec :
- tout le matos de mesure, densité, température, ph, balances (à bah voila où elles sont)
- toutes les produits, a.lactique, iode, et surtout
- les accessoires qui vont bien et qui me facilitent la vie en temps normal, pompe, hopspider, inkbird etc..
Le
En somme j'ai ma cuve, mon fermenteur, mon refroidisseur + tuyau (ouf), et mes ingrédients.
Et on est parti pour l’équivalent brassicole du gratin de reste de la mère de Malcolm
Ben c'est tout, le brassage se fait, ça sent bon, mince c'est long à rincer, devait y avoir pas loin du kg de seigle, c'est couleur charbon, et surtout je n'ai absolument aucune idée de ce que je suis en train de préparer mais c'est fou comme je m'amuse ! Bon y' pas mal de temps morts du coup
Une fois le "lâché prise mental" effectué, j'ai direct pu apprécier le fait de ne pas penser à l'atteinte d'un résultat, prédit par ma super feuille de calcul qui me donne des suées dès que je dérive de 2 points de densité ou 0,2L sur mes volumes..
Non, là j'ai juste kiffé touiller ma gamelle et profiter du changement de couleur, des odeurs, du gout qui évolue et de ce genre de détails que j'oublie bien souvent sur mes brassins calibrés.
Ça n’empêche que ce que j'ai pu faire à été bien fait
Sur ce brassin, le résultat sera en grande partie une surprise, et c'est assez existant lol !
Enfin, ce petit retour à la simplicité forcé m'a fait un peu prendre du recul et surtout du plaisir, et cela conclue bien les brassins réalisés dans cette maison ! Une sorte de pot pourri bouquet final



