Je choisis donc un truc tirant sur une lager européenne, mais fermentée à la Nottingham à 10°C, genre Golden Ale, la seule concession étant l’achat de Saaz (jamais encore utilisé)
La base maltée était 95% de Light Munich et 5% de Pale Crystal pour la sucrosité sans apport de goût particulier de caramel ou de toffee
Me voilà parti pour une belle journée de brassage
Empatage sans difficulté, test à l’iode … noir ; bon, je repars pour 30mn, test à l’iode … noir
Donc, la conversion en se fait pas ; j’ai pourtant déjà utilisé ce malt en malt de base sans difficulté
2 options : j’arrête les frais, mais je balance 6 kg de malt à la poubelle (et cela me fait mal), soit j’ajoute des enzymes.
Choix de la 2ème solution, mais cela représente quand même 4 kg de Golden Promise et comme la bière était prévue avec un ABV d’un peu moins de 9%, la variation risque d’être significative si l'efficacité est au rendez-vous
2ème décision dans la foulée, ajout d’eau, le tout au doigt mouillé pour passer de 18l à 20l en bouteille
Autant dire qu’elle ne ressemblait à rien avant ; c’est pire maintenant
Reprise de l’empatage : à 30 mn l’iode change de couleur mais pas encore satisfaisant (mais au moins il se passe quelque chose) ; à 60mn test à l’iode OK, ouf. On repart sur de « bonnes bases »
Etape suivante, la filtration
Recirculation sans difficulté, puis filtration ok … sur les 8 1er litres mais colmatage soudain !!!
Je mets de côté ce qui est déjà filtré, je casse le gâteau et retour à la recirculation suivi de la filtration avec ajout de ce qui me reste d’eau de rinçage
On passe ensuite à l’ébullition ; le plan d’houblonnage est simple : 25% en FWH et 75% en HS, pour un total de 100g de houblon, totalement en dehors de mes standards habituels (10 à 20 gr). Mais, je l’ai déjà dit, ce devait être une bière à part
Puis vient le whirlpool ; je ne sais pas ce qui se passe au fond de la cuve, mais en surface, une belle boue verte, malgré l’utilisation de Protafloc pour la 1ère fois
Bon, j’ai juste oublié de préciser que ne voulant pas payer des frais de port délirants pour le Saaz, achat en boutique qui ne disposait que de pellets ; j’houblonne exclusivement avec des cônes : j’ai fait comme d’habitude et j’ai tout balancé en vrac dans le mout ; je n’aurais peut-être pas dû …
Je me dis naïvement que le HopSpider va filtrer tout ça, donc en route vers le transfert en fermenteur. Ça filtre, même trop bien puisque superbe colmatage, et si je gratte la surface du HopSpider délicatement (non rageusement en fait, il n’y avait plus aucune retenue à ce stade ; d’ailleurs, les enfants étaient barricadés dans leurs chambres et mon épouse partie au cinéma), ça colmate plus, mais tout passe, donc pour l’effet filtration, zéro
Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ; j’ai déjà suffisamment insisté, donc 3ème grande décision de la journée, tout part dans le fermenteur
Aux vues des différents indésirables dans le mout, je passe l’étape du densimètre qui devrait m’apporter un résultat faux, donc une source de stress supplémentaire dans l’identification de la DF cible
Ensemencement
J’oublie la fermentation type Golden Ale sur un temps long à 10°C, et je pars sur le haut de plage de fermentation, à 21°C
La fermentation démarre bien, plutôt plus vigoureuse que d’habitude, et se calme au bout de 4 jours, je pousse la température pour soutenir les levures. Le Saaz dégage une super odeur
Joueur mais pas trop, je transferts à 10 jours (cela coïncide avec le week-end, en semaine je n’ai pas trop le temps) pour finir la fermentation en ayant éliminé le maximum de trub.
La majeure partie du houblon est collé sur la paroi de la cuve, mais les levures déjà sédimentées sont malgré tout bien vertes ; je ne regrette pas le transfert
Je repars pour 2 semaines en fermenteur
Suite de l’aventure à l’embouteillage, prévu pendant les vacances de Noël après un cold crash significatif, pour la découverte de la limpidité (ou pas)
Conclusion, et sans préjuger du résultat final : même en faisant à peu près n’importe quoi, il est possible de sortir une boisson fermentée


