Et là vous me dites : "t'es rigolo avec tes nouvelles expériences, mais ta saison, elle en est où manneke ?" Et vous avez bien raison !
La saison levain
Il y a quelques jours, j'ai bâtonné (remis les levures en suspension et légèrement oxygéné) pour donner un coup de pouce à la fermentation qui était languissante (vers les 1.028). J'ai bien fait
Aujourd'hui, on est à 15 jours du jour de brassage.
1.015, pH 4.25, 72% d'atténuation
Les arômes sont très floraux, sur la fleur blanche, un peu pêche aussi. On a un peu d'astringence en bouche, pas méchant mais c'est là quand même. Une pointe d'acidité, similaire à ce qu'on peut trouver sur des blanches, peut-être dû au blé cru. Aucun faux goût détectable si ce n'est cette astringence.
Je suis très content ! J'avais peur que la fermentation s'arrête très haut, mais que nenni ! Maintenant, j'ai peur qu'elle aille trop bas et déstructure toute la bière
Conclusions hâtives
Ce levain est un bête de compète niveau organoleptique et fermentaire également si on lui donne un milieu adéquat.
Quelques premières pistes :
Une dynamique de fermentation trop rapide pourrait lui être défavorable sur le plan organoleptique. Bien que les deux moûts soient différents, ce qui les différencient le plus est la rapidité de fermentation, l'un a été 3x plus rapide.
Pourquoi ? Le taux d'ensemencement ? La température d'ensemencement ? La densité initiale ? La qualité du pied de cuve ?
Le
taux d'ensemencement était plus contrôlé sur le second batch, ce qui ne veut pas dire supérieur. J'ai ensemencé des quantités de bourrin dans le premier batch. Par ailleurs, est-ce que la vitalité des levures dans le premier batch était à son summum ?
La
température d'ensemencement me pose question. Le premier batch a été moins brusqué, ensemencé et maintenu à 20° pendant 3 jours avant de grimper à 24° et y être maintenu. Le second a été direct à 24°. Est-ce que le premier aurait eu plus de temps pour développer certaines esters ?
Il y a bien sûr une jolie différence de
densité initiale, 1.054 pour le premier et 1.036 pour le second. On en revient au taux d'ensemencement, mais aussi au stress osmotique supérieur sur le premier batch. Est-ce que ce stress osmotique aurait permis aux levures de développer plus ou d'autres esters ?
Enfin, la
qualité du pied de cuve est assez différente sur les deux batchs. Le premier a été fait un peu à l'arrache, le second plus contrôlé. La levure était sans doute plus vitale dans le second. Le pied de cuve et la levure ont été placé à même température pendant 2h pour éviter au max le stress dû à un choc de température. Le premier était beaucoup plus approximatif. Plus court aussi, seulement 24h contre 48h pour le second.
En
conclusion, pour l'instant, vu qu'on a encore peu d'éléments étant donné que la fermentation n'est peut-être pas finie (je ferai un test d'atténuation limite sous peu), on peut encore rien trop conclure
Je me pose déjà quelques questions pour le prochain batch, ce serait sans doute intéressant de faire un moût plus fort, vers les 1.075 pour voir ce que le levain est capable de faire. Je serai vraiment curieux de pouvoir l'observer au microscope, mais je n'ai malheureusement pas ça à la maison. C'est fort dommage, ne fût-ce que pour contrôler mon taux d'ensemencement, ce serait bien pratique. Si quelqu'un veut faire une donation, c'est le moment
En tous cas, à priori, une cinétique de fermentation plus lente lui réussi mieux, mais ce n'est pas encore sûr. Si ça tombe, le second batch sera correctement réorganisé dans quelques jours !
Bref, j'ai bien hâte de voir la suite ! A bientôt pour la suite des événements !