L'hermine a écrit :Tofito a écrit :Au fait l'Hermine, tu réagis comment quand 3 touristes entrent dans ta brasserie et te sortent "bonjour, on voudrait goûter vos bières" sans même avoir discuté avant, et évidemment sans savoir si tu vas leur vendre qqch derrière? (c'est une vraie question hein, qui mériterait peut-être d'être traitée ailleurs..?)
ah ben c'est très simple les clients lambda qui se pointent pour la première fois, ils n'ont pas besoin de demander. La première chose que je leur dis c'est "entrez, vous y connaissez qqchose? qu'est ce que vous aimez en général?, qu'est ce que vous voulez gouter? En fonction je leur sers la chose qui me semble le plus adapté (soit pour les surprendre, soit pour les séduire, ça dépend du feeling
Eric974 a écrit :Il faut quand même que le visiteur soit un rustre s'il ne te prend rien alors que tu lui as fait déguster ou alors que se soit vraiment pas bon
Faire déguster lors de visite d'une brasserie ne semble pas la pratique la plus courante contrairement à ce qui se fait dans le milieu viticole, peut être du au fait que la bière ne se rebouche pas, et pourtant cette pratique est généralement gagnante. Il peut y avoir des dégustations payante mais dans ce cas il me paraîtrait logique de vendre ton produit au prix coûtant
Toi L'hermine tu es un petit brasseur passionné, je ne suis pas certain que celui qui ne pense qu'au chiffre a forcement ton approche qui est sans arrière pensée
Il me semble que dans une société on doit intégrer logiquement un budget publicité de nos jours et faire déguster peut être considéré comme de la publicité qui n'est pas gagnante à tous les coups
Bon, j'ai pas l'expérience de ce qui se fait en brasserie (du côté pro), mais j'en ai dans le monde viti, car j'anime les dégustations en propriété, donc j'ai cette XP à partager, et on peut tirer quelques parallèles entre les 2 univers (même si il y a assurément des différences étant donnée ma situation propre, mais j'y reviendrais).
Déjà je confirme ce qu'avance Hermine, la première démarche quand j'ai un client qui arrive, c'est de déterminer un peu ses goûts, comme ça tu sors déjà pas l'intégralité de ta gamme (à plus forte raison que je dispose d'une gamme de 5 vins différents, tous déclinés en millésimes, ce qui augmente considérablement l'offre, ce serait très facile de faire déguster 15-20 vins différents).
Le premier constat: les dégustations, ça coûte relativement cher.
Il s'agit de visite+dégust d'1h environ, et je fais en général déguster 3 à 5 vins (en fonction des goûts des clients, d'où l'importance de bien déterminer le produit "qui accroche" et qui se transformera en vente).
Niveau chiffres maintenant : on ne produit que du format 75 (et même si ça se rebouche, une bouteille ouverte, c'est ~2 jours de conservation avant de perdre ses qualités, et je n'ai pas de clients tous les jours). On est sur une gamme de prix entre 15 et 30€/bouteilles, et une bouteille permet de faire environ 20-25 dégustations (entre 3 et 4cl par verre). En clair : si je fais déguster 5 vins, je rogne ma marge de ~3.6€HT (et de 2.6€HT si je ne fais déguster que les 3 plus haut de gamme), et je suis dans une AOC avec obligation d'élevage de 12 mois (élevage que nous réalisons à 2/3 en fûts de chêne neufs, donc on a quand même des coûts de prod élevés).
Maintenant, comme le dit Eric, on peut considérer ça comme un budget pub. Déjà, parce que la visite+dégustation ça attire beaucoup de monde (beaucoup de châteaux [tout mes voisins directs déjà, en grand crus classés] font payer 10 à 15€/personne la visite). Donc quand ils savent que je fais les visites à 3 balles (coût que j'offre lorsqu'il y a un achat bien entendu), la plupart des gens n'hésitent pas des masses.
Et surtout, au final, j'ai un taux de conversion très élevé. C'est -TRES- rare que quelqu'un reparte sans aucune bouteille. Je dirais de l'ordre de 90-95% de visite qui se terminent par la vente d'au moins une bouteille (même si au final, n'en vendre qu'une seule ne me rapporte bien moins d'argent vu le temps + manque à gagner sur le prix de dégust).
Et dans les cas où les personnes n'achètent vraiment rien, je facture la visite à 3€, et ainsi je compense un peu (même si on est encore dessous de nos coûts).
Dans les différences à prendre en compte maintenant : je suis sur une zone très touristique (je suis à 5 min à pied du village de St Emilion, qui représente 1,5M de visiteurs annuels dont environ 60% sont ici pour le vin). On est également membre des syndicats d'initiative (office de tourismes etc...) qui oriente les visiteurs chez nous, donc on brasse pas mal de monde au final (même si on n'est rien comparé aux très grands classés du coin). Mais ça, ça n'impacte pas directement les coûts (à part nos coûts de stockage, vu qu'on écoule plus vite), juste la fréquentation (et donc le revenu).
Egalement, le côté prestige de l'AOC (comme je le disais, on tourne sur du 25-40€/L TTC, on est bien au dessus du prix de vente de la majorité des bières produites).
Alors bien sûr, je ne dis pas que c'est comme ça qu'il faut procéder, mes techniques de vente, et ce choix de prix sont sans doute discutables, mais ça marche pas mal, et on commence à se faire une p'tite renommée parmi notre clientèle, dont certains se transforment aussi des clients réguliers.
Sur les autres variables, je me demande:
L'Hermine, niveau dose de dégustation, que proposes-tu ? Tu offres un verre (25/33cl), ou tu fais une dose (~4cl et tu bois le reste

) ? (Si tu ne souhaites pas dévier du sujet, je veux bien une ch'tite une réponse même en PM s'il te plait car ça m'intéresse pas mal !)
Bon j'ai bien conscience de dévier du sujet d'origine, désolé pour ça, mais j'avais juste envie de partager un peu avec vous sur ce thème (et en plus, Tofito demandait des détails, donc techniquement, c'est de SA faute si je dévie le sujet... !

), mais je pense que ça pourrait valoir le coup d'en rediscuter sérieusement (dans les sujets pro peut-être ?).