Vince de la BDH a écrit :L'Histoire de la bière c'est celle qui s'écrit maintenant
C'est sur ce point que je pense que l'on ne pourra pas se comprendre.
Lorsque tu dis que l'histoire de la bière est ce qui s'écrit maintenant, tu es en train d'injurier toutes les générations de brasseurs qui ont perfectionné leur art depuis des siècles.
Donc soit tu ne connais pas du tout l'histoire de la bière, soit il faudrait que tu l'apprennes.
La bière est comme une langue vivante, elle évolue, c'est très bien. Mais cracher sur le passé et insulter ceux qui sont passés avant nous.... enfin fait ce que tu veux.
Vince de la BDH a écrit :J'ai déjà fait des smash avec du pils ou du pale. J'utilise des malts Weyerman. Je connais la différence. L'idée ici est de faire une session donc il faut utiliser une base maltée très légère (tu l'as dis toi-même "ils doivent même utiliser du maïs" )
Ce n'est pas une question de session ni de la légèreté de la base maltée. On peut effectivement faire les deux avec les deux, mais le pale est préféré en combinaison avec les houblons très aromatiques pour le gout.
Chacun le sien c'est sur mais regarde la majorité des bases pour des PA houblonnées.
Vince de la BDH a écrit :Peut-être que la Stone que tu as goûté il y a quelques temps était passée, trop vieille. Pour moi, je vois bien qu'il y a beaucoup plus de complexité dans cette bière par rapport à celles que je fais. C'est ça qui m'intéresse.
Je ne pense pas non, à moins qu'ils aient du mal à vider leurs futs on tap.
La complexité au niveau du houblonnage sans doute, au niveau du grain moins tout de suite.
Je l'ai trouvée vraiment flotte par rapport à leurs autres.
Je suis proche de la frontière US et ça me prends max 2H pour être assis en train manger un burger et boire une NEIPA faite 7 jours plus tôt.
C'est sur que le Stone le plus proche est à 12H de route, mais on trouve de leur packs proche de la frontière au besoin.
Vince de la BDH a écrit :et je ne suis pas du tout d'accord avec l'idée que "le houblon n'est pas le point central de la bière". Le point central de la bière c'est la créativité
Tu arrives à te contredire en deux phrases. C'est pas mal

C'est quoi le point central de la bière si c'est à la fois le houblon et la créativité ?
Si tu regardes l'histoire, toute l'histoire, tu verras qu'il y a toujours eu de la créativité.
Les brasseurs ont toujours été créatifs et ont toujours perfectionné leurs façons de faire, leurs recettes. Mais comme dans toutes les branches, ils y a (eu) des branquignoles.
Et pour le houblon, si il n'a pas de balance avec le malt, ça devient une limonade au houblon. Remarque ça se fait de plus en plus.
Vince de la BDH a écrit :Aujourd'hui, 75% des meilleures bières du monde selon ratebeer sont des nord-américaines (IPA ou stouts), souvent fortement houblonnées. Le développement des variété des houblons a simplement révolutionné les façons de penser et de brasser depuis le début des années 2000. Je ne pense pas que tout ça soit uniquement une histoire de marketing
Je ne pense pas non plus que ce soit une histoire de marketing uniquement, mais le marketing a fortement aidé à mettre sur le marché des boissons pétillantes au houblons.
Pas d'amertume mais des gouts de fruits pour plaire à beaucoup de monde.
C'est bien dans le sens où ça a permis le développement de certaines choses très bonnes et en même temps le massacre du mot IPA. Il a été mis à toutes les sauces par le marketing.
Bon au moins, maintenant que tu vois IPA sur une bière, tu sais qu'il va y avoir du houblon en masse.

Il y a aussi un autre effet qui a poussé ces bières: elles sont rapides à mettre sur le marché comparativement à d'autres nécessitant une garde longue.
Ratebeer, comment dire.... ce n'est pas le meilleur indicateur sauf si tu souhaite un indicateur biaisé.
Oui il y a beaucoup de nord américains dans le système, mais ça vient de chez eux, c'etait super hype de commenter là dessus, ils sont des millions à le faire, et c'est normal qu'ils préfèrent leurs bières, vu que les micro d'Europe sont peu importées et il y a l'effet boule de neige.
Vince de la BDH a écrit :Je sais aussi que la carbonatation forcée est la meilleure solution pour limiter l'oxydation des bières houblonnées mais effectivement il faut un fermenteur et une embouteilleuse isobare que je n'ai pas (encore ...peut être, un jour...)
Je ne sais pas si les huiles de houblon chauffées ont tendance à mieux durer dans le temps... Je n'ai pas vraiment constaté cela mais c'est effectivement c'est une question à creuser qui me laisse perplexe...
Oui la carbo forcée est encore le meilleur moyen de limiter le contact avec l'oxygène. Le fermenteur fermé et sous pression n'est pas obligatoire, il y a d'autre façon de faire qui donnent aussi de bons résultats.
Le gout du houblon mis au flameout ou en début de whirlpool tiendra plus longtemps du fait de l'isomérisation de ce que j'ai compris.
Par contre, il faut se mettre d'accord, les gouts ne sont pas les mêmes que lors du houblonnage à cru. Ce que l'on gagne en temps, on le perd en arome dans un certain sens.
Il y a aussi une chose à noter, c'est qu'il y a une isomérisation qui se produit dans la bière naturellement avec le temps.
Il y a eu des essais dits Zero IBU, avec un houblonnage à cru et des mesures pour se rendre compte que le nombre d'IBU grimpait en flèche après un certain temps sans chauffer.
Il y a des enzymes qui sont capables de faire ça, et certains pensent que c'est pour ça que les NEIPA tiennent aussi mal le temps.
Vince de la BDH a écrit :Si tu préfères les bières bien maltés avec beaucoup de corps, c'est sûr qu'on ne pourra pas se comprendre. Quand j'ai commencé à brasser il y a 4 ans, c'est ce que je faisais mais j'en suis revenu.
Les bières maltées, oui, avec beaucoup de corps, non. J'ai du mal à boire une bière dans laquelle on peut faire tenir une paille.
Tout comme j'ai du mal à boire de la pisse d'âne aromatisée au houblon.
4 ans c'est déjà bien, tu fais partie de la nouvelle vague
Si tu n'as pas essayé les lagers avec décoction, les anglaises en parti-gyle, les gose and co en sour mash, la saison en turbid mash il te manque encore des choses car elles ne sont pas remplaçables dans certains cas.
Tu vois, c'est à ça que sers aussi l'histoire, à se rappeler certaines techniques qui ont mis du temps à se forger, ou d'autres qui ont été forcées par des lois.
Vince de la BDH a écrit :Comme j'ai dit, je n'ai jamais mis plus de 4 houblons en DH. J'expérimente à chaque brassin. Mes deux dernières pale ales ont été houblonnées (4g/L en DH, ce qui n'est pas excessif finalement) l'une au citra/chinook/cascade et l'autre au citra/sorachi ace/ ahtanum. Et ben je t'assure que ça fait une sacrée différence de gout !!!
Plus de 4 ne sert pas à grand chose effectivement, tu aurais du mal à les retrouver.
4g/L c'est effectivement assez peu, mais ça reste honnête quand même. Parfois ça ne sert à rien de forcer, il faut surtout équilibrer et arriver à ce que l'on souhaite.
Il faut expérimenter. C'est à force de collecter du savoir que l'on arrive à la maitrise d'un art.
Un des gros avantages de toutes ces ales houblonnées à cru, c'est que c'est rapide pour obtenir un résultat. En une dizaine ou quinzaine de jours tu peux avoir une bière en fût.
Bref, profite d'être en Europe et de pouvoir avoir accès à une très large palette de bières dont un paquet qui ont des racines et des origines.
Ici c'est très différent et très fermé.