Je vous présente ma dernière brassée, ainsi que quelques mesures réalisées durant sa réalisation.
Ces bonus permettront peut être de discuter théorie et améliorer la pratique.
BONUSSaison d'été
Saison (16 C)
Caractéristiques
Type: Tout Grain
Volume du brassin: 42,00 l
Volume à l'ébullition: 51,76 l
Durée d'ébullition: 90 min
Volume en fin d'ébullition: 45,76 l
Volume à l'embouteillage: 40,00 l
Efficacité: 72,00 %
Efficacité de brassage estimée: 75,4 %
Densité, Alcool et Couleur
Densité Initiale estimée: 1,053 SG
Densité Finale estimée: 1,006 SG
Alcool par Volume estimé: 6,1 %
Amertume: 33,4 IBUs
Couleur estimée: 12,0 EBC
Densité Initiale mesurée: 1,052 SG
Densité Finale mesurée: A venir SG
Alcool par volume mesuré: A venir %
Ingrédients
Quantité Nom Type N° % du Total
3,00 kg Pale Malt (2 Row) Bel (5,9 EBC) Grain 1 28,8 %
3,00 kg Pilsner (2 Row) Bel (3,9 EBC) Grain 2 28,8 %
2,00 kg Munich Malt (17,7 EBC) Grain 3 19,2 %
1,00 kg Rye Malt (9,3 EBC) Grain 4 9,6 %
1,00 kg Wheat Malt, Bel (3,9 EBC) Grain 5 9,6 %
0,40 kg Acid Malt (5,9 EBC) Grain 6 3,8 %
40,00 g Hallertauer Mittelfrueh [4,20 %] - ébullition 60,0 min Houblons 7 10,1 IBUs
60,00 g Hallertauer Mittelfrueh [4,20 %] - ébullition 20,0 min Houblons 8 9,2 IBUs
50,00 g Tradition COPHOUDAL 2015 [3,59 %] - ébullition 20,0 min Houblons 9 5,9 IBUs
100,00 g Saaz [3,75 %] - ébullition 10,0 min Houblons 10 8,2 IBUs
2,0 pkg French Saison (Wyeast Labs #3711 du coyote ) Levures 11 -
Profil du Brassage
Nom du palier Description Palier T° Durée du palier
Mash In Ajouter 27,00 l d'eau à 71,9 C 64,0 C 90 mn
Mash Out Ajouter 15,15 l d'eau à 98,7 C 75,0 C 10 mn
Rinçage: Rinçage en lot avec 21,03 l d'eau à 75,6 C
Préparation de l'eau de brassage
Après 2 années de brassage et une vingtaine de brassins, j'ai souhaité aller un petit peu plus loin dans la maîtrise de l'eau des brassins.
J'ai donc fait l'acquisition d'un pH mètre (ADWA AD 12 pour ne pas le citer), que j'ai mis en œuvre pour la première fois sur un brassin précédent. J'ai donc souhaité suivre plus en détail mon processus de brassage, afin de l'analyser et de le modifier pour l'améliorer.
Pour préparer mon eau de brassage, j'utilise la feuille de calcul EZ Water, que je trouve relativement simple d'utilisation. Au passage, je ne parviens pas vraiment à exploiter le logiciel BrewWater.
Une fois que vous connaissez à peu près la composition de votre eau de brassage, vous n'avez plus qu'à rentrer les données et trifouiller un petit peu la feuille de calcul afin d'obtenir un résultat souhaité. A noter qu'il faut tout de même savoir ou vous allez, et donc quel est le profil d'eau que vous souhaitez.
Pour connaître les éléments clés de mon eau, j'ai un moment voulu payer une prestation d'analyse de mon eau auprès d'un laboratoire --> Aquanalyse (voir le devis ci dessous pour info).
Devis analyse eau

J'étais à deux doigts de lancer la commande, lorsque j'ai trouvé le site suivant : http://rhin-meuse.eaufrance.fr/zone?lang=fr
j'ai pu trouver les caractéristiques approximatives de mon eau de brassage en croisant ces données avec celles obtenues sur les bouteilles d'eau (j'ai la chance d'avoir une exploitation d'eau "cristamachin" à proximité de chez moi). Les données sont toutes cohérentes, à quelques 10 % près. Je suis donc parti sur ces données pour ma feuille de calcul.
Sur le premier brassin, le calcul du pH théorique lié à mon eau et au traitement que je lui ai appliqué était assez proche du résultat. Cela m'avait d'ailleurs assez impressionné.
Pour le brassage de cette saison, j'ai obtenu cependant un décalage, comme vous pouvez vous en apercevoir dans les graphiques ci-dessous.
L'une des premières pistes que j'envisage, est que le seigle (Rye en anglais), n'est pas un choix possible dans la liste des grains. En cherchant un petit peu, je lui ai attribué une entrée "blé", puisque d'après certains forums ces deux grains ont un effet similaire sur le pH.
L'autre piste qui pourrait expliquer le décalage pourrait tout simplement être une variation de la composition de mon eau, qui n'est de toute façon jamais constante.
Ma balance n'est précise qu'à 1 grammes, ce qui peut également constituer une source d'erreur non négligeable sur la quantité des sels ajoutés.
Dans mon cas, j'ai une eau qui a tendance à avoir les influences suivantes sur mes bières (incidences théoriques, je n'aurai pas la prétention de les avoir toutes vérifiées en pratique) :
--> Alcalinité (Carbonates) élevée, qui n'est pas complètement "contrée" par la dureté (Calcium et Magnésium), ce qui provoque une alcalinité résiduelle assez consistante (pour ceux qui viennent de décrocher, je vous invite à aller voir le Wiki du forum, et notamment la traduction de How To Brew (souvent abrégé HTB dans le forum) dans les chapitres qui traitent de l'eau).
--> Calcium / Magnésium dans la moyenne de ce qui est conseillé pour le brassage mais constituant une eau dure
--> Très peu de chlorures, ne faisant donc pas ressortir la partie maltée de la recette
--> Des sulfates en moyennes quantité, mettant le houblon en avant (ce qui fait qui fait que le ratio chlorure / sulfate est sensé me donner une amertume ressentie comme dure, qui attaque (harsh en anglais, je ne sais pas trop comment le traduire))
Je souhaitais pour ma part équilibrer mes bières, en lissant mon amertume et en mettant un petit peu plus en avant la part maltée des recettes. Il fallait donc remonter la concentration en chlorure, et je souhaitais également monter ma concentration en magnésium qui était faiblarde, afin de l'amener dans les "normales de brassage". C'est pourquoi j'ai ajouté du chlorure calcique et du sulfate de magnésium.
Afin de ne pas extraire de tannins lors des opérations de rinçage, il fallait rester sous la valeur de pH 6. J'ai donc acidifié au jus de citron mon eau de rinçage, que j'ai amené à un pH de 5,7. Ainsi comme vous pourrez le constater en poursuivant vôtre lecture, notamment au niveau des graphiques, je n'ai pas dépassé le pH 5,5 lors du rinçage.
Enfin, pour que mon pH de maische, lors de l'empâtage, se situe dans la plage des valeurs conseillées (5,4-5,6 mais peut varier selon les sources), un ajout de malt acide était dans mon cas indispensable (d’où sa présence dans la composition de la recette).
Pour aider à descendre le pH de la maische, j'ai également inclus du Munich, qui est un malt qui présente l'avantage de faire plus baisser le pH que les autres malts "de base", et qui n'est pas incompatible avec le style Saison.
J'aurais pu mettre plus de malt acide me direz-vous, mais il est conseillé de ne pas dépasser les 3 % de la composition en grain, et j'en étais déjà à 4 %. Donc le Munich m'a évité certainement d'utiliser des acides forts (je n'ai rien contre mais je n'en ai pas), ou de mettre plus de malt acide pour atteindre un pH de maîshe correct.
Mesures réalisées durant l'empâtage
pH=f(temps d'empâtage)

Mesures réalisées durant la filtration et le rinçage
pH et densité

Concernant toutes ces données :
- Vous noterez la quasi constance du pH de la maîsche, qui met quand même 20 à 30 minutes pour trouver son équilibre. La raison du pic est expliquée dans le graphique, et on peut s'apercevoir que finalement l'ajout d'eau à pH 7,2 n'a eu qu'un effet très provisoire, effet qui s'est vu très vite estomper.
J'étais du coup un poil bas, et surtout incapable de remonter la valeur du pH avec les moyens que j'avais en ma possession.
J'ai pour info obtenun un meilleur rendement d'extraction des sucres, même si je ne fais pas une fixation sur ce point précis (voir caractéristiques dans la recette).
Enfin, pour terminer ce post, j'aimerais savoir pourquoi le pH semble redescendre au deuxième lot de rinçage, contre toute (ma) logique.
Si quelqu'un possède des éléments de réponse, j'aimerais en discuter.
Dans l'attente de vos réactions, je vous remercie d'avoir lu jusqu'au bout.
Romain


