Ty Rouz a écrit :Si ton voisin passe 9 fois son tracteur, c'est parce qu'il ne sait pas travailler, pas parce qu'il est en bio

si quelqu'un a la solution pour éliminer le rumex (qu'on nomme parelle en bretagne), qu'il la donne. Pour ceusse qui ne connaissent cette magnifique plante, sachez qu'elle pousse en étouffant l'herbe, que ces graines peuvent résister 80 ans en terre avant de germer (50 ans pour le chardon) et que comme le baccharis, le moindre éclat de racine donne une nouvelle plante. Ma belle soeur vient de si'nstaller en bio en ovin laitier. Elle a 2 terrains couvert de parelles, qu'elle passe son temps à faucher pour épuiser. Elle sait que ces 2 terrains sont en réalité "perdu", totalement inexploitables, car il lui faudra 10 ans pour épuiser les plantes actuelles, période pendant laquelle d'autres plantes germeront...
momie a écrit :Je rappel quand même que
- les tradi font presque ce qu'ils veulent et suivent principalement les conseils des fabricants de produits "phytosanitaires" (produits portant tous des têtes de mort sur les bidons)

euh... non. C'était vrai il y a 1 ou 2 décennies, mais il faudrait de temps en temps revoir ce qu'on sait

L'époque ou tu allais chez le grossiste et tu prenais un bidon de Garlon juste "pour le cas où" est révolue. L'achat des phytos, d'où je suis, me semble beaucoup plus contrôlé, de même que leur usage. Je peux me tromper.
en 1960, les couples n'avaient pas besoin d'avoir 2 salaires pour s'en sortir en campagne, ni ne consacrait 30% ou plus à se loger ou à se déplacer pour pouvoir ensuite consacrer 20% à se nourrir (sans parler des taxes et autres impôts). On compare des choux et des carottes.
mikocyco a écrit :Puis il y a des gens, les donneurs de leçons, qui t'expliquent que tu dois cultiver tes hectares à la binette (j'exagère à peine)
ce n'est pas nouveau. Un "oncle parisien", en ~1990, qui passaient ses congés d'été à la maison, ne comprenait pas pourquoi ma mère avait fait UN traitement au pulvé à dos sur le bord d'un champ de maïs couvert de liseron (blague à part, il ne comprenait pas non plus pourquoi ma soeur et moi on se levait tôt et qu'on ne suivait pas nos cousins à la plage). Ca tombait bien, c'était la bonne époque pour sarcler les betteraves. Ma soeur et moi on se levait à 7h pour aller au champ avant 8h. On a donc mis tonton a contribution une journée (à la place d'aller à la plage, pour une fois il a justifié la nourriture qu''il ingurgitait). A 9h, il avait mal au dos, à 9h30 il avait des ampoules, à midi il avait compris. Pendant les 2 semaines qui restait, il n'a bizarrement plus rien dit sur LE traitement fait, ni ne nous a rejoins dans les champs
momie a écrit :sauf que j'ai un peu de mal a comprendre le résonnement qui dit
Parce que tout n'est pas parfait en bio, il est préférable de polluer
Le soucis, ce n'est pas le bio ou pas le bio, c'est
- ce qu'on met derrière ce mot : du bio allemand, ce n'est pas pareil que du bio espagnol, français ou marocain
l'utilisation intelligente des outils.
Aujourd'hui les connaissances permettent de se passer d'une grande partie des phytos. Je connais des paysans (au sens initial : "gens de la terre") qui ne sont pas bio, se définissent comme "conventionnels" parce qu'ils leur arrivent de faire 1 ou 2 traitements et qui paradoxalement font certainement mieux
(moins de traitement) que certains label bio (j'ai vu de la "Pink Lady" bio

...). L'exemple de la carie du blé est parlante, ou l'ergot de seigle : quasi disparues il y a 20/30 ans, elles font un retour en force.
Il y a aussi les yakafokon. Yaka acheter une herse-etrille, fokon se débarrasse des pulvés... Oui, sauf que quand tu as déjà des emprunts sur le dos
(et là, on ne parle de la poignée de queues de cerise nécessaire au montage d'une micro-brasserie), ça ne se fait pas en claquant des doigts. Quand tu t'installes, tu peux choisir bio ou pas. Le prix de rachats des produits bio poussent effectivement les nouveaux à s'installer en bio
(tous ne le font pas par conviction idéologique). Mais quand tu te fais lessiver par des mises aux normes obligatoires tous les 5 ou 7 ans*, que ta trésorerie est exsangue, que tes produits sont vendus dans le meilleur des cas au prix de revient (un veau de vache laitière, actuellement, c'est entre 10 et 15 euros, et encore si c'est une femelle. Les mâles, ça ne vaut rien), que chaque fois que tu vois une corde tes yeux cherchent instinctivement un tabouret, ce n'est pas tout à fait aussi simple que yakafokon. Sachant que la conversion, c'est 3 ans : c'est à dire que pendant 3 ans tu vas investir, que tu va vendre tes produits au prix du conventionnel... C'est comme si ton patron te disait "pendant 3 ans, tu vas bosser comme un cinglé pour faire tes preuves, mais tu n'auras qu'un demi-salaire, et tu devras te démerder pour aller sur tes chantiers par tes propres moyens sans possibilité de fiches de frais".
Sans même parler des fermes de grandes tailles, cultiver 20 ou 30hectares en traction animale, c'est difficile : il te faudra en moyenne 3 à 6 chevaux pour le faire, chaque cheval nécessitant pour sa propre subsistance une surface d'environ 1 à 1.5 hectares au minimum. En maraichage, c'est possible, mais pour les céréales

.
*vous constaterez la proximité entre les mises aux normes et la durée maximale d'un emprunt professionnel
Perso, je suis à 100% d'accord avec la démarche de l'Hermine
PS :
mikocyco a écrit :Notamment les néo-ruraux, qui n'ont jamais vraiment cultivé quoi que ce soit, et qui s'installent en tant qu'agriculteurs bio. Beaucoup doivent déchanter, plus ou moins rapidement, mais chapeau à ceux qui tiennent !
en bzh, environ 80% à 90% ne viennent pas d'un milieu agricole. Sur certaines session, c'est du 100%. Le niveau moyen d'étude est bac +4 et presque tous le font en "reconversion/deuxième vie" (moyenne d'âge supérieure à 35/40 ans, il y a de + en + d'ingénieurs). Le taux d'échec semble similaire à d'autres styles d'entreprises. Source : chambre agri du morbihan
(ma belle-soeur s'occupait de l'installation des JA pas forcément si jeunes, et j'ai encore un membre de la famille qui y travaille comme responsable bretagne de je ne sais pas quoi. Si tu veux, je pourrais affiner ces valeurs que je cite de mémoire)