Entretien du houblon: préparation du terrain.
C'est l'heure du grand départ! Il est temps de préparer notre terrain et amender. Le houblon n'a pas vraiment démarré, les bourgeons sont formés mais commencent tout juste à se développer.

Deux jours avant, je nettoie le terrain, j'enlève la paille. Souvent, le plant a un peu rejeté à l'automne dernier, après récolte. J'en profite pour tailler les parties mortes au plus court et asperger le plant ET la terre aux alentours avec de la bouillie bordelaise (élimination des spores de mildiou en hivernage). Normalement j'évite au maximum son utilisation, à cause du cuivre (il fait parti des métaux lourds: risque d'accumulation, cela détruit l'écosystème du sol) et je préfère le soufre en préventif. Je réserve le cuivre pour le curatif. Cependant, la bouillie bordelaise est opérante sous les 15°, contrairement au soufre.

Passé 48h, le cuivre a pu agir. J'entame donc les grands travaux. On peut lire sur de nombreux forums que les jardiniers amateurs se méfient beaucoup du houblon, qu'ils jugent très envahissant. Généralement nos variétés ne sont que moyennement traçantes.
NB: tracer=un rhizome se développe à partir du pied et pousse à l'horizontale, à quelques centimètres sous le sol. Plus une variété est vigoureuse, plus elle "tracera" loin. Ex: J'ai déjà retrouvé des rhizomes de 2,50m.
Je commence par délimiter une zone de 30cm autour du pied. On peut utiliser une binette ou un dresse-bordure (je ne suis pas sûr du terme, c'est l'outil sur la photo). En enfonçant l'outil dans le sol, à une faible profondeur (10-15cm), on va sectionner les rhizomes qui tracent en périphérie.



L'idéal étant de buter le houblon (+/- 30cm), cela permet de nous simplifier la tâche: les rhizomes sont plus facilement détectables (ils sortent rapidement de terre), leur extraction est simplifiée (pas de risque de couper une racine au passage, ce qui m'est encore arrivé sur le Smaragd, mal buté).
Ici on voit un rhizome d'une bonne quarantaine de centimètre. Si jamais vous coupez une racine, même grosse, pas de panique. C'est l'inconvénient du paillage: comme la terre est toujours humide, les racines poussent parfois à quelques centimètres de la surface. Contentez-vous de couper proprement la racine si elle est trop abîmée. Le houblon s'en remettra.

NB: Lorsque je l'ai fait, il était un peu tôt. Vers la fin-février début-mars, selon les années, lorsque vous griffez le sol autour du pied, en fouillant un peu avec les doigts, on peut découvrir de petits jets de houblons, tout blanc, partant du pied. Figurez-vous que cela se mange, et c'est excellent! C'est un met très fin et surtout très cher (80-100€ le kg), donc il faut en profiter. Personnellement, je les prépare nature, comme des asperges, car il faut éviter d'en masquer le goût subtil.

Une fois que c'est fait, je griffe simplement le sol autour du pied pour ne pas abîmer le système racinaire de la plante.

J'étale au sol mes fameuses prêles séchées, riche en silice. Cette apport renforce la plante contre les attaques cryptomatiques (champignons: le mildiou...). Plus tard dans l'année, je vous emmènerai sur le terrain pour une petite cueillette. Bien sûr cette étape est facultative. Disons que l'action de la prêle est plus durable que celle de la bouillie bordelaise.

Ensuite, je rajoute du fumier de cheval (8,50€/25kg). Cette étape est importante par contre, on ne la zappe pas! Même si vous ajoutez des engrais toute l'année, cela ne remplacera jamais l'apport en matière organique du fumier. Plus que des nutriments, il permet d'entretenir la faune et la flore souterraine (champignons, bactéries, lombrics...): un sol en bonne santé donne de belles plantes. Les houblons sont exigents, j'en ai fait l'expérience l'année dernière.
Je fais donc un petit tas autour du pied et je griffe pour enfouir. A vue de nez, j'ai dû mettre dans les 5kg par pied, ce qui est déjà pas mal.


Je termine par le paillage. Pour rappel, pailler c'est épandre au sol une matière végétale ou organique en générale afin d'étouffer les mauvaises herbes, réduire l'arrosage, dispenser de binage. Ce qu'on dit moins, c'est que la paillage isole également la plante du sol et limite donc le contact des parties aériennes avec les germes ou les champignons (mildiou) au sol. Essayez avec les concombres, les résultats sont très bons, en plus le fruit reste propre
Il existe beaucoup de produits de paillage: la paille (orge ou blé), la paille de lin, les copeaux de bois, les écorces... Le gazon coupé fait un très bon paillis. Par contre, je déconseille les écorces de résineux, qui acidifient le sol, mais également le chêne ou les autres bois riches en tanins, qui perturbent la vie souterraine. Le moins cher reste de demander à un agriculteur une ou deux petites bottes (s'il en fait encore) ou une grande botte carrée qui coûte à l'agriculteur 4€/botte (location d'une machine spéciale, très onéreuse). Mais là, il faut une machine pour la soulever.

Plus tard dans la saison, je mettrai en place les poteaux et le système d'irrigation.




