one-r a écrit : 03 déc. 2022 19:05Ca a été la mode de faire des ipa avec plein de malts cara, peu souvent avec réussite.
Pas vraiment d'accord avec l'analyse ! On a un peu tendance à oublier que l'IPA super fruitée style New England et consorts, et même ce que l'on appelle aujourd'hui les West Coast, et je ne parle même pas des Cold IPA, c'est non seulement récent, mais en plus occupe une petite part de l'histoire de l'IPA, et ce même si l'on ne considère que l'histoire de la bière post-industrielle, c'est à dire depuis le grand chambardement des années 70-80 aux USA.
Il n'y a pas si longtemps (je n'ai même pas 30 ans et j'étais déjà majeur), on buvait des IPAs super amères, avec une tonne de cara, et certaines étaient à tomber par terre. Par exemple la Resin, de Sixpoint, la Ruination ou la Ruinten, de chez Stone, ou encore une Smoked IPA de chez Mont Salève dont je garde un souvenir ému. Le côté hyper fruité du houblon est venu vachement, vachement plus tard (encore que la Psychédélia de Craig Allan c'est pas tout récent non plus, la Punk encore moins). On jouait beaucoup sur le résineux/fleuri/un peu herbeux. Et l'amertume était bien au delà de ce que l'on a aujourd'hui. Bizarrement, d'ailleurs, pas en termes d'IBUs, mais plus en terme de ressenti. Parce qu'on avait pas tous ces flocons d'avoine, cette forte proportion de blé et ces levures qui n'atténuent presque plus. Alors quand j'entends que l'utilisation des cara rend la bière sucrée, je me fâche un peu... Il suffit de regarder la couleur de la Sierra Nevada Pale Ale, une bière historique aux US, sortie en 1980, pour comprendre qu'ils brassaient avec du cara (plus spécifiquement du T50 de chez Simpson's, conçu pour eux), et de la re-goûter pour comprendre qu'elle était franchement moins sucrée et écoeurante qu'une Piggy d'aujourd'hui. Et je vois les petits malins venir : oui, la Ruinten c'était carrément écoeurant, mais en même temps, c'était plus un Barley Wine bourrin en houblon qu'une IPA, faut le dire... Et puis c'était étrangement buvable, malgré ses stats hors-normes.
Alors franchement, dire "peu souvent avec réussite", je trouve ça très exagéré...
En revanche, dire que le cara tranche avec le côté fruité et, dans ce cas, rend les choses lourdes, là je suis bien d'accord. Mais à mon sens, c'est plus que le cara/crystal ne fait pas bon ménage avec une bière avec beaucoup de corps, plutôt qu'il ne fait pas bon ménage avec le houblon. Analyse bien entendu fausse lorsque l'on parle de bière noire, mais dans ce cas l'équilibre vient d'ailleurs.