Désolé d'avance, les récits de brassage, c'est pas ce qui manque ici. En même temps, pour le nouveau brasseur, c'est assez cool de pouvoir avoir des retour d'expérience. Il y a tellement de paramètres à prendre en compte que c'est bien d'avoir des avis extérieurs et éclairés. On est à l'écoute. Peut être qu'un jour on arrivera à boire nos bières sans être obligé d'y ajouter du Picon!
Dimanche 3 avril, superbe météo comme toujours en sud Seine et Marne
C'est en fait notre 2e expérience. La première, on l'a fait à la Montreuilloise il y a environ un an et vu que ça nous avait bien plu, on a décidé de se lancer. Et pour corser le tout, plutôt que de passer par le kit, on s'est directement lancé dans le tout grain.
La bière du jour, c’est une recette "simple", un seul malt et deux houblons. C’est une patersbier (recette p 128 du bouquin de Greg Hugues) un type de bière brassé par les moines belges pour leur propre consommation. Caractéristique attendue : peu alcoolisée mais du goût.
On commence par concasser le malt et on est plutôt fier de nous. Les grains sont brisés en petits morceaux mais on est encore très loin de la farine. Au lieu des 4,5 kilos recommandés par la recette, on met les 5 kilos de malt que l’on a. C’est le malt Pils de chez Brewferm (Pils mout). Indice EBC 3 – 3,5.
A 12H26, on commence l’empâtage dans 12 litres d’eau à 65 degrés. On aurait dû faire chauffer l’eau un peu plus car quand on ajoute le malt, la température baisse.
Auparavant on a fait chauffer une quinzaine de litres d’eau que l’on a mis dans un seau pour le rinçage des drèches.
A 13h31, on considère que l’empâtage est terminé, on teste notre mout sur un peu de teinture d’iode et visiblement, c’est bon, la couleur de la teinture reste bien marron. Contents !
On décide tout de même de pousser un peu notre empâtage comme conseillé sur la recette suivante (http://brasseur.tumblr.com/post/2485614 ... mple-enkel). A 13h36, on est autour de 75 degrés. Une température qui va osciller jusqu’à 78 degrés, jamais plus, pendant 10 minutes.
13h46. Fin de l’empâtage.
On vide notre cuve matière dans la cuve de filtration, on fait bien attention de ne pas trop oxygéner le moût. On laisse reposer le gros gâteau une dizaine de minutes et on mange un morceau.
Ensuite, le rinçage des drèches. Première grosse erreur de la journée. La réserve d’eau que l’on avait mise de côté est descendue en température. Aux alentours de 50 degrés. On lui ajoute de l’eau bouillante mais on arrive à une eau à 69 degrés.
On débute le rinçage quand même (avec toujours un tuyau en caoutchouc à la sortie du moût pour éviter l’oxydation). Le premier moût qui sort nous réjouit. Déjà, ça sort, le concassage n’était donc pas trop fin. Ensuite, le liquide est un beau brun, bien malté et surtout super sucré. Mission accomplie. Les levures vont avoir à manger.
Par la suite, notre eau de rinçage continue de baisser en température. A la fin, on n’est plus qu’à 65 degrés. Un peu juste. D’ailleurs, les derniers litres de moût sont beaucoup moins colorés, moins sucrés. Alors peut être que c’est normal mais on ne peut s’empêcher de se dire qu’une eau plus chaude aurait permis un meilleur rinçage et une meilleure récupération des sucres.
Du coup, on décide de se limiter à 23 litres de moût.
Ensuite, c’est parti pour l’ébullition. La chaudière met un peu de temps à faire chauffer le liquide qui est du coup assez bas en température.
A 16 heures, pile poil, ça bout. Au début de l’ébullition, on ajoute 34 grammes de houblon Saaz (en pellet). Odeur assez forte et herbacée.
A 17 heures, on ajoute 13 grammes de Mittelfruh.
On laisse encore chauffer une dizaine de minutes et on éteint.
Ensuite, on transfère dans une cuve bien nettoyée à l’eau chaude et au chemipro Oxy. On ferme. On met dans un sac poubelle nettoyé aussi et on immerge aux trois quart dans une poubelle remplie d’eau et de glaçons.
Là c’est l’autre gros bug de la journée. La sonde de cuisson qui nous sert de thermomètre depuis le début de la journée est immergée dans le liquide (elle a été nettoyée et le fil sort par le trou du couvercle, là où se place le barboteur). La température baisse bien. On change l’eau, on reprend la température et là, on est à 30 degrés. Panique à bord, ça va vite, on prépare la levure.
On fait bouillir de l’eau du robinet qu’on mélange ensuite avec de l’eau froide et on réhydrate la levure dans ce mélange. Pas trop sûr de la stérilité du truc ni de la température de l’eau. Sur le sachet de levure, ils disent que l’eau doit être entre 30 et 35 degrés. (Levure utilisée : Abbaye. Levure Ale de style Belge de chez Lallemand).
On se décide à ouvrir notre brassin et là, vapeur, chaleur, c’est évident qu’on n’est pas descendu à 25 degrés. On mélange et on reprend la mesure, la sonde nous indique 40 degrés. On pense que la sonde avait du tomber au fond, là où le moût était le plus froid. Donc on réimerge dans notre poubelle et on attend encore 2 heures avant de pouvoir ajouter la levure.
Du coup, crainte que notre brassin n’ait été exposé à des bactéries à cause de toutes ces manipulations et crainte surtout que la levure ne soit restée trop longtemps affamée et qu’elle ait du mal à travailler dans le brassin.
Le brassin est désormais dans une chambre bien chaude. On espère que ça va réveiller les levures. Quoi qu’il arrive, on ne se décourage pas et on vous tient au courant.

