J’ai craqué. Je m’étais promis de ne pas l’ouvrir avant fin septembre / début octobre, mais il faut me comprendre monsieur le juge, avec le temps actuel (humide et presque froid) et toutes ces bières légères que je bois actuellement, (Golden Ale, Irish Red Ale, Pale Ale, …), j’avais besoin d’un retour aux fondamentaux et j’ai craqué.
L’objet du délit : cette bière fait partie des premières de ma série des bières allégées ; bon, là j’étais encore au début de la réflexion, donc il faut rester indulgent, tout n’est pas totalement allégé, mais en comparaison de son modèle (#15), il y a tout de même une vraie amélioration (tout est dans la comparaison, une question de perspective en somme).
Ingrédients :
Eau : 32 l pour 19.5 l de bière
Grains: 7.5 Kg
Golden Promise (Thomas Fawcett) : 60,00% - Amber (Crisp Malting) : 10,00% - Light Munich Malt (Crisp Malting) : 10,00% - Crystal Light (Simpsons) : 10.00% - Medium Crystal (Thomas Fawcett) : 10,04%
Houblon :
Admiral 16.70% (5 g)
Levure : 3 sachets
Nottingham
Profil de l’eau après traitement (calculateur : Brewer’s Friend) :
calcium : 104.2 - magnésium : 9.9 - sodium : 13.7 - chlore : 41.5 - sulfate : 103.8 - alcalinité résiduelle : 83.7
pH théorique (je ne mesure pas le pH réel) :
pH de la mash : 5,47 à 25°C
pH de l’eau de rinçage : 7.5 à 25°C
(pas corrigé, époque heureuse où je me prenais moins la tête)
Autre :
Une goutte d’huile avant la fermentation (je n’oxygène pas mon mout)
Ratio d’empattage : 2
Empattage à
65°C pendant 60mn - 78°C pendant 15mn
Houblonnage :
en First Wort Hopping à 60°C
Ebullition : 60mn
Fermentation à
11°C : 45 jours - 15°C : 21 jours - Descente par palier de 4°C /jour pour atteindre 5°C - 5°C : 19 jours
Resucrage en bouteille : 1 gr/l
Brassée le 17/10/2020
DI : 1 089 - DF : 1 021
IBU : 5,46 - IBU/DI : 0,05 - IBU/DF : 0,26
ABV : 8,85%
ECB estimé : 45.63
Résultat :
En toute objectivité (et quant il s‘agit de mes bières, je suis toujours impartial !), elle a plus de marqueurs de la Wee Heavy que de la Scottish Ale.
Au nez, c’est puissant, tout pour le malt.
En bouche, le corps est bien présent, malgré sa « petite DF » et un empatage à 65°C, mais il reste en retrait. Je l’attribue au Munich et au niveau significatif de sulfate qui apporte une certaine « fraicheur » à l’ensemble. Vient ensuite une sensation duveteuse (mais pas poussiéreuse, donc moins marquée), qui la fait définitivement basculer dans la catégorie Wee Heavy.
Le caractère Wee Heavy est renforcé par la carbonatation quasi inexistante (1g/l) qui la rapproche plus d’une liqueur que d’une bière.
Pour le goût, pas de surprise, avec le Crystal qui prend le pas sur le Munich dont le côté grain n’est pas perceptible, complété d’une petite pointe d’alcool fuguasse.
Par contre, je commence à être tenté par l’utilisation de Crystal avec des EBC supérieurs pour ajouter une note de profondeur plus gourmande (fruits secs).
Première gorgée agréable, avec une certaine légèreté (le coté Scottish Ale probablement) ; on en redemande.
Et c’est tout le problème, parce que cela reste une bière alcoolisée avec un niveau de sucre résiduel significatif ; rapidement, la générosité écossaise se rappelle à mon bon souvenir (il faut que je me trouve un bon haggis pour cet hiver, mais pas évident sur Paris ; rien que l’idée de la combinaison me fait saliver).
Conclusion, il ne fait encore définitivement pas assez froid pour l’apprécier pleinement, même si elle est beaucoup plus facile à boire que ma Wee Heavy officielle (#5), pour laquelle même à 4, on a du mal à finir la bouteille de 75cl.
Je m’imagine bien la boire sur ma terrasse cet hiver par temps de neige (pourvu qu’il neige !) et elle devrait me faire plusieurs années (je suis « pressé » de voir son évolution).

Si je brasse, affirmatif ! Quoi des noms ? No comment ... (Serge Gainsbourg ?)