D'abord, pour obtenir une place dans la formation, faut le vouloir. Le dossier est un peu long à remplir, mais surtout les places sont TRES limitées et ça risque de ne pas s'arranger. Je m'explique : Cette année, l'université a décidé de faire une seconde session de formation (normalement il n'y en a qu'une par an en février, et là j'ai été admis sur la nouvelle session de juin). Nous étions 20 stagiaires, ce qui est à priori la plus grosse session que l'université aie jamais eu. Ils ont du trier sur dossier, car il y a eu plus de 200 demandes... Donc si vous souhaitez faire la formation, armez vous de courage, et argumentez solidement votre dossier de candidature. Par exemple, ils nous ont annoncé qu'à partir de maintenant, ils ne prendraient plus aucun stagiaire qui n'a pas déjà brassé auparavant !
Le coût de la formation étant relativement élevé, beaucoup d'entre vous souhaiterons trouver un financement pour y participer. La aussi, attention, ANTICIPEZ ! J'ai obtenu un cofinancement de mon OPCA (organisme de collecte de la formation professionnelle) et de la région (chèque formation, au plafond de 2000€), et j'ai du mettre 500€ de ma poche car aucune marge de temps pour activer un dernier cofinanceur (qui m'avait pourtant donné une réponse de principe positive), alors que je m'y suis pris en septembre 2012 pour le session débutant en mai 2013....
Bon, ensuite, il faudra vous loger, et ce n'est pas forcément une mince affaire... la Rochelle est une ville assez riche, donc les loyers sont assez élevés, même pour les résidences étudiantes : n'attendez surtout pas le dernier moment pour vous loger. L'option colocation peut être excellente, si vous demandez avant la session la liste des autres stagiaires de la formation. Sur notre session, 3 compères ont pris un logement en commun, ce qui a du coup été un lieu très convivial, où nous avons poursuivi notre étude biérologique en dehors des cours !
Pour ce qui est de la formation elle-même, et bien, à mon avis, elle vaut carrément le coup. La partie théorique est assez poussée, et dispensée par des enseignants qui maîtrisent très bien leur sujet ; les supports sont assez conséquents, et seront donc une bonne base documentaire à se garder sous le coude ! Certains rechigneront sur certaines parties, théoriques et pratiques, de laboratoire. Bien que parfois un peu rébarbatifs, ces cours apprennent néanmoins des connaissances qui seront utiles à ceux qui voudront se faire un petit labo chez eux pour observer, et pourquoi pas élever, leurs levures... Et même si sur le nombre, peu de micro brasseurs auront les moyens et/ou le temps de jouer au petit scientifique et de construire un labo stérile, il me semble intéressant de savoir comment sont réalisées ces tâches que vous serez peut-être emmenés à faire faire par un labo spécialisé... La session comporte deux journées de brassage, une sur une pico de 100L faite sur mesure pour l'université, et l'autre sur une Kaspar-Schultz de 10hl... Un régal
Plusieurs intervenants extérieurs, dont 3 brasseurs (aux optiques et dimensions très contrastées), Robert Dutin (l'éditeur de l'annuaire des brasseurs de France), une personne des douanes, une consultante en qualité, et un technico-commercial de chez Fermentis, sont venus nous apporter des éléments intéressants, des retours d'expérience, des méthodes et des astuces, pour mener à bien une installation en brasserie.
Un des petits défauts de la formation : L'absence de cours de biérologie ! Pas de classification des écoles de brasseries, des styles, des caractéristiques et des goûts des bières... Un grand regret que tous les stagiaires ont exprimé, et dont j'espère qu'il en sera tenu compte lors des futures sessions.
Un des énormes atouts de la formation : se retrouver en groupe de brasseurs de toute la France (et même du monde, un de nos camarades est en train d'installer une brasserie au Liban !). Que de riches échanges, de partages d'expériences, de sorties culturelles (au bar du France, à la Cervoiserie, à l'université de la bière, chez les uns ou les autres...) ! De nombreuses sessions de dégustations dont la génialissime "Mikkeller Single Hop Series", ainsi que moult autres, nous auront permis d'affiner notre palais, nos goûts, et aussi notre connaissance des houblons (sujet pas forcément très approfondi en cours, où l'on nous a un peu asséné que les levures étaient les principales responsables du goût d'une bière...)
Bref : Malgré quelques bémols, cette formation est d'une excellente qualité, et mérite tout à fait d'y participer, surtout si vous avez l'intention de passer pro. Et au passage, elle permet d'enrichir votre réseau de bon nombre de contacts !


