grisette a écrit :Vous savez ce n'est pas si difficile que ça de faire 1000L
Je peux disposer de cuve pour la quantité et apres il me semble que le travail est le meme pour 20l ou 1000l.

Je ne crois pas du tout ça ! Concrètement, le saut quantitatif suppose :
- Des difficultés nettement plus importantes en termes de contrôle de la température de tes paliers, qui feront que tu auras du mal à profiler ton brassage et obtenir un résultat un tant soit peu régulier de ce point de vue (pas forcément grave)
- Une fatigue des bras pour... BRASser une telle quantité d'eau et le malt qu'il y aura au fond. Pour ça il faut impérativement un système mécanique motorisé, et pas un petit truc. C'est d'ailleurs sans doute cela qui te fait songer à utiliser du sirop de malt, j'imagine.
- Pas une cuve de 1000 litres, mais trois.
- Calcule le temps nécessaire pour embouteiller 1000 litres : tu as intérêt à rameuter tout le village si tu veux que ça ne s'étale pas sur trois jours (ce qui poserait des problèmes de conservation)
- enfin et surtout, une multiplication des risques d'infection du même facteur : en augmentant la quantité, tout devient plus difficile et dangereux. A partir d'un cetain volume, on peut considérer que tu ne peux pas échapper à telle ou telle source d'infection, ça devient statistiquement inévitable. Dès lors, tu auras besoin d'un process extrêmement maîtrisé pour éviter que les germes présents dans ton moût ne se développent, et notamment un contrôle de la température. Or, il est très difficile de contrôler la température d'un gros volume dans son homogénéité. Le fond de la cuve, près du brûleur, est trop chaud, et le haut de cuve, par endroits, pourrait rester à des températures dangereuses concernant le développement de micro-organismes.
- De même, le refroidissement devient une étape terriblement compliquée et dangereuse, et au-delà de la centaine de litres, tu seras obligée de faire appel à un système de refroidissement très lourd. Si tu laisses une masse de 1000 litres descendre naturellement de 100°C à 20 °C, il y aura un temps en "zone dangereuse" entre 25 et 35 °C largement suffisant pour que s'installent des colonies énormes de ferments lactiques, ou pire.
Sincèrement, Grisette, si tu aimes ça brasser, alors brasse pluôt deux fois 500 litres qu'une fois mille, et plutôt dix fois 100 que deux fois 500 !

"La bière et la cacahouète, c'est le mouvement perpétuel mis à la portée de l'homme" (Jean-Claude Van Damme)