Concernant le parallèle avec le vin, j'y trouve une certaine pertinence (Miko me tapera si je dis des conneries) :
Le vin n'est de consommation courante en France que depuis la première guerre mondiale ("le vin des poilus", qui permettait d'écouler une grosse surproduction), et la qualité n'a longtemps pas été au rendez-vous : la qualité des vins de Bordeaux (par exemple) n'est devenue constante que depuis fin 70's (edit : une source pour appuyer mes propos).
On se retrouve pour la bière dans le même cas que pour la vigne dans les années 1920/1930 : beaucoup de petits producteurs, sur des marchés locaux, avec une qualité très inégale, souvent basse, et quels gros producteurs solidement implantés capable de produire à bas coût du vin de merde en grosse quantité et quelques cuvées "prestige"/"haut de gamme". Au sortir de la seconde guerre mondiale, il a fallut encore au moins 30 ans avant que le quidam commence à avoir une "culture vin" ("vin"<>"pinard"), et encore 20 ans avant qu'il puisse s'offrir de temps en temps une bonne bouteille.
Alors laissons un peu de temps à la bière pour s'imposer. Car, de mon petit coin de pays, les gens semblent actuellement plus soucieux d'avoir quelque chose à manger que de mettre 4€ dans une quille de 33 pour "s'éduquer à la zythologie". Je trouve que simplement informer le Michu qu'il existe autre chose que K et H, c'est déjà un grand pas en avant. Lui faire ingurgiter le BJCP alors que la moitié des brasseurs ne le maitrise pas, c'est AMHA aller beaucoup trop vite en besogne : on ne peut pas forcer la masse à apprendre en la tabassant à coup de média et grimoires modernes ; on peut juste lui dire qu'il existe autre chose au delà de ce qu'elle connait, et espérer que certains chercheront plus loin, puis se feront à leur tour passeurs de savoir. Enfin, c'est ma façon de voir l'enseignement (que je ne confond pas avec l'éducation)


