Pour ma part, je trouvais cet objet intéressant, la phase d'empatage peut se faire sans surveillance (1h40 dans une journée, c'est pas rien, et un argument majeur pour moi !!) et de manière propre et homogène, avec un minimum de vaisselle, puisque la même casserole est utilisée pour toutes les phases. Alors j'ai craqué, et la voilà.
Emballage :
La Braumeister est livrée dans un généreux carton, avec un beau montage en carton croisés pour le maintenir calé dans celui-ci, et donc très peu de sagex poluant. Il sont bon les allemand en écologie ! Il est livré polishé (ils reste des filins de laine dans les angles !


Un sacré point négatif tout de même, après tout ce polishage, ce beau carton et surtout cette marchandise rutilante (et donc le prix), le tout est maintenus avec du scotch d'emballage de m., qu'il faudra enlever par la suite à l'acétone, car il en reste plus sur la casserole que ce qui s'enlève !!
[Edit] Suite au reportage transmis à mon (Excellent !) fournisseur, celui-ci n'y avait jamais prêté attention et va corriger ce défaut illico ! Il doit en fait changer la prise pour l'adapter au normes suisses (le cordon d'alimentation est pris entre les 2 filtres du tube de malt, il doit tout sortir et réemballer !), et réutilisera le système d'origine de Speidle pour tout fixer. Comme quoi, ça sert a tout le monde un repportage !

Rien a redire.. De belles soudures sur l'inox, les pieds et la sortie pour le robinet sont soudés, seules les poignées sont "juste pointées", mais qu'importe, il n'est pas censé être soulevée en étant plein !!


Lorsqu'on le retourne, ça ne plaisante pas. Fiche style Harting, très professionnelle et surtout étanche aux projections d'eau (IP54), fixation nickel, fils attaché proprement, et important, le cordon d'alimentation sur fiche, démontable... Bien plus pratique pour le nettoyage rien a redire ! Les vis de rappel pour le démontage de la pompe sont elles aussi généreuses. Selon la notice, doivent être serrées et déserrées à la main, ce qui justifie très certainement un aussi bon diamètre ! Que du bon !


L'écrou à ailette a subit une amélioration depuis la vidéo du constructeur, qui présentait un écrou et 2 tiges soudées dessus. On a ensuite une bonne place occupée une fois tout le matériel sortis de cette cuve... Faut avoir une belle cuisine pour pouvoir s'étaler quand même !


Première déception, une fois tout le matériel sortis de la casserole (poignée de retrait du tube à malt, barre de maintient de celui-ci, les filtres), c'est le volume de fond. A plat, il reste approximativement à peine plus de 4 litre de moût du fond de la casserole à la base du tube du robinet de sortie !! En inox lui aussi d'ailleurs. Bon, une partie sera occupé par les restes de houblon, et apparemment, j'arrive à la pencher un peu malgrès que l'automate soit sur la face avant, a voir à l'utilisation !


Une autre surprise fut sur le principe de chauffage du moût ! C'est un corp de chauffe de 2'000 W qui fait 2 tours et demi du fond de la casserole. J'étais persuadé que le principe était basé sur un échangeur de chaleur dans le circuit de la pompe. Pas grave, ça ira aussi ! On voit la sonde de température sur le fond de la cuve, près de la sortie de la pompe !
Pour ceux qui ne connaissent pas du tout le principe, rapidement :
La cuve est séparée lors de l'empatage, en 2 parties. Le tube à malt vient plaqué au fond de la cuve, ce qui crée un séparation entre la cuve-elle même et le tube. Une fois le tube remplis de malt, et fermée par les filtres, une pompe tire l'eau de l'extérieur du tube, donc dans la cuve coté corps de chauffe, pour l'injecter et la forcer au travers du malt en remontant... Le mout déborde du tube, se réchauffe sur le corps de chauffe, et est réinjecté pas la pompe au travers du malt, etc... Voir les liens au bas pour une vidéo plus explicite...

Après mesure du volume du tube à malt, il semblerait que l'on puisse mettre jusqu'à 6 ou 7 kilo de malt, a confirmer aussi avec la pratique, afin qu'il soit quand même suffisamment "libre" pour que l'eau puisse passer au travers. Peut être qu'un manomètre de pression à la sortie de la pompe aurait été un bon indicateur ! Hihihi !

Je ne parle pas de la "programmation" !! Un jeux d'enfant. 10 secondes pour sélectionner la langue française, ensuite, facile, palier 1 temp, palier 1 durée, palier 2 temp, palier 2 durée, etc. Il est possible de programmer la température de base avant de jeter le malt dedans, puis 5 paliers de température sont possibles.

Reste les filtres. Ils sont constitués de plaque en inox percé à 2,5mm de diamètre environ, et d'un filtre en nylon ou autre matière synthétique qui vient plaqué dessus, le tout guidé par la tige au centre de la casserole. Le premier, au fond, se plaque sur un renflement du tube à malt, puis on remplis de malt, et le second vient posé sur le malt. Il reste apparemment flottant sur celui-ci. Les filtres en matière synthétique sont "garantis" pour une centaine de brassins. Je pense qu'après ça, je peux les remplacer par du grillage fin en inox, j'en ai sous le coude. Inusable !Au fait, la aussi, le coup du scotch pourris... Heum...


Voilà pour le petit tour au déballage. Nous sommes en fin de semaine, va falloir commencer à préparer la matière pour brasser ce week-end. J'hésite à faire bouillir l'eau, histoire de ne pas être embêté par un excés de tartre sur le corps de chauffe, mais je pense que pour une première, autant voir tout de suite ce que ça donne !
Allé, samedi, 8h30 du matin, on passe à la pratique... La machine est lavée, rincée, on y va !
Moulinage du malt, 5.5kg de mélange pour une blonde sympa, c'est dans le bidon, préparé la veille...

Le mode d'emploi préconise, pour une petite blonde, 4.5kg de pilz et froment (50-50) et de mettre pour l'empâtage, 23 litres d'eau dans la casserole... Bon, ma recette selon Beersmith, c'est 15.4 litre pour l'empatage, il y a une marque à 15 litre, pourquoi ne pas tester tout de suite !! Allé, 15 litres et des poussières... Elle vient du réseau d'eau, de ma chaudière, eau de source non traitée !
8h40 à peine, j'appuye sur "Start", elle me dit que l'eau est à température, j'ajoute donc le "tube à malt" et pose au fond, le filtre inox et le filtre en nylon...

Super précaution a prendre, verser gentiment le malt dans le tube est pas à coté... Même avec le bidon dans l'un et l'appareil photo dans l'autre main, tout va bien...

Le place le filtre nylon supérieur et la grille, puis je place la barre de maintient et l'écrou...


Il est temps de quittancer l'automate et d'appuyer sur "Start"... Et la magie opère, ou presque...



Ben ouhai, en fait, avec mes 15 litres de flotte, comme on le voit sur la dernière photo, il n'y a pas assez d'eau pour recouvrir le corps de chauffe !! Non seulement il n'y a rien sur la notice à ce sujet, mais c'est dangereux... Alors je me vois gentiment rajouter 2 litres d'eau... C'est foutu pour la recette et les théories de l'influence de la quantité d'eau à l'empâtage... Ça, c'est fait...
Fin de palier protéinique, les 17 litres d'eau vont passer de 52° à 62° en 9 minutes !


Ça me laisse le temps de délirer en faisant quelques photos panoramique sur cette brillante cuve... 30 minutes de palier, de 62 à 72°C, 8 minutes, et de 72 à 78°C en 8 minutes aussi ! Il est donc gentiment 10h20 du matin, j'ai eu le temps de m'occuper de mon petit, préparer le houblon, et tout le reste des ustensiles, désinfection, etc... Et ça ne varie pas d'un degré !! Vraiment agréable... La machine sonne, la pompe s'arrête, un le clair liquide redescend au fond de la casserole...


Il est temp de placer l'étrier de support et de sortir le tube à malt. Or mis l'effet de succion avec l'eau qui rend à peine plus difficile la sortie du tube, c'est parfait... Il faudrait un petit escabot dans mon cas, juste pour le dos...
J'oubliais, durant tout les phase, l'automate demande une quittance et un start pour la phase suivante, dès la fin de l'empâtage... Pendant toute la phase d'égouttage, le mout est maintenu à 78 °C...

La, je dois avoir fais ma première erreur... J'ai rincée les drêches avec 8 litres d'eau à 78°C... Mais... Sans enlever la grilles en inox, en pensant que ça ferait un effet douchette ! Ben j'ai du voir tout faux... Enlever la grille et le filtre aurait certainement permis à l'eau de passer au travers du malt, et non de suivre les bord du tube... Il faut savoir que par rapport au procédé "conventionnel" d'un brassam, ici, il n'y a pas de fond fermable qui permettrai de noyer le malt dans l'eau pour extraire un max de sucre... Je suspecte l'eau d'avoir suivit les bords du tube... Mais j'y reviendrais plus pas...
Voilà, le tube est loin après 20 minutes d'égouttage, il est presque 11h, et donc temps de lancer l'ébullition et de se servir l'apéro !! Pendant ce temps, le refroidisseur et la cuve de fermentation sont en désinfection, il faut laver le tube à malt et les filtres... Par rapport à ce que j'imaginai, c'est quand même du boulot !!



Voilà, ébullition terminée, un p'tit whirlpool, et vidange... Bon, en penchant un peu la casserole, il reste quand même un bon litre au fond. Premier gros défaut de conception à mon avis, c'est d'avoir mis l'affichage de l'automate juste devant le robinet... Bonjour les éclaboussure à l'ouverture ! Autre défaut, le robinet lui même ! De bonne facture, en inox, mais une vanne 1/4 de tour avec un filetage normalisé aurait été une bonne option pour un engin de cette valeur. Mais il ne faut pas oublier qu'il est destiné à Mr. Tout le monde...
Allé, il faudra 25 minutes et 50 litres d'eau à 7°C pour descendre le mout de 88°C à 26°C... Cool, bon investissement l'échangeur.



Nettoyage :
Dans une premier temps, après que l'automate m'ai souhait optimistement "Santé!", je le prend en mode manuel... J'enlève grossièrement les restes de houblon, de cassure et de mout, de Je récupère l'eau chaude sortis de l'échangeur, et le met dans la cuve avec un peu de savon désinfectant... Hop, 45°C et la pompe en route... Le pied ! L'eau reste chaude et circule, reste plus qu'a tout décoller avec une patte douce... Enfin, une fois le mout refroidis et à l'abri !! Le refroidisseur baignera un peu dedans aussi, tout va bien !




Les nettoyage se passent donc bien, le corps de chauffe sera décrassé à la brosse à biberon, le reste à la patte douce, une formalité... Mais bon, faire ça dans la cuisine à madame sans avoir a mettre un bon coup de panoce (serpillère pour les français !) par las suite relève de l'utopie !! Ou alors je suis un cochon...
Ce que j'en pense... Trés mitigé !!
Vais essayer d'être neutre et objectif.
Matériel lui même :
Allemand, parfait ! Rien a redire...
Processus :
Ayant fait quelques brassin avec 3 cuves par gravité et chauffage gaz/électrique, les 2 méthodes se valent ou presque... La grosse déception fût le rendement de l'installation... J'ai brassé une bière identique avec mes 3 cuves, même recette. 75% de rendement avec 3 cuves, et sur ce premier brassin sur la Braumeister, j'arrive péniblement à 62% !! (FG de 1052 pour 1062 prévus) Je pense que le rinçage des drêches y est pour beaucoup, car en matière de fonctionnement, je ne vois pas pourquoi ça serait pire puisque le processus est beaucoup plus précis, surtout avec les palier... La prochaine fois, je tente avec les 23 litres d'eau dès le départ.
Autre erreur de ma part, pas de test à l'iode, donc la, difficile d'être objectif à 100% non plus... Peut-être qu'au vu des montées relativement rapide entre les palier, il faudrait les allonger pour être sur de l'extraction des sucres... Et surtout faire un test à l'iode... MAIS... Si le test à l'iode échoue, il faut rompre le programme... Et finir en mode manuel ! Donc, l'automatique à du bon jusqu'à ce que la science la contrarie !
Edition du 07.06.2008:
Le problème du rendement d'extraction est résolu... C'est ma mouture qui était en cause et non le matériel.
Pour aller plus loin, avec une mouture super fine très farineuse, la Braumeister ne s'arrête vraiment pas à ça et me sort un rendement d'extraction de 80-85% !!
Je l'apprécie de plus en plus cette machine...
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Pour le reste : Pas moins de vaisselle, c'est sûr ! Mais c'est super simple et rapide à nettoyer ! Et quel pied de pouvoir laisser faire la machine pendant 1h40 ! ça permet, surtout le samedi matin, d'aller à la déchetterie, faire 3 courses, s'occuper un peu de la p'tite famille... Et c'est non négligeable pour ma part... C'est une forme de "partage de passion" !!
Conclusion:
Et ormis la mise au point qu'il va falloir apporter pour un résultat fiable et rentable, je ne regrette pas mon achat pour l'instant ! Je pense que pour toute personne voulant faire de la bière dans un minimum de place de stockage et un maximum de facilité, sans peut-être vouloir faire dans l'empatage scientifique, c'est fait pour vous!!
Si vous avez le temps et que ça ne vous dérange pas de devoir brasser/remuer votre mout pendant 2 heures, et que vous êtes suffisamment précis et au point, cet achat est foncièrement inutile !
Voilà, je continuerais à faire mes stouts monopalier par gravitation dans mes cuves basiques, et les bières un peu plus complexes dans le Braumeister... L'autre avantage, c'est d'envisager de faire 2 fois 20 litres en 8 heures ! une fois l'empatage terminé, rien ne m'empêche de vider la Braumeister dans une autre cuve pour l'ébullition, et d'en relancer une qui se fera presque toute seule... A tester !!
En attendant...


Le film, en alemand :
http://www.speidel-behaelter.de/Braumeister.WMV
Le mode d'emplois, en français:
http://www.speidels-braumeister.de/medi ... b_2007.pdf
Pour l'acheter en Suisse :
http://www.brauundrauchshop.ch/00000095 ... index.html
Stéphane




