La fermentationTransfert primaire/secondaire : non, pas toujours !

Bloup ou pas bloup ?
Règles du forum
Chers membres, merci de prendre connaissance et respecter les quelques règles de bon sens suivantes avant de poster votre message :
- Vous assurer que vous postez dans la bonne rubrique
- Vérifier qu'il n’existe pas déjà une réponse à votre question ou un sujet identique
- Prendre conscience que vos propos n’engagent que vous et que vous devrez en assumer la paternité
- Vérifier les sources des informations que vous diffusez, en vous assurant le cas échéant de respecter les droits d’auteur qui peuvent être liés aux informations, images ou documents cités
- Prendre soin de respecter vos interlocuteurs et bannir les insultes et autres propos diffamatoires ou dégradants
- Vous assurer de rester autant que faire se peut dans le sujet exposé
- Prendre le temps de vérifier l’orthographe et la grammaire de votre message
Merci par avance de votre contribution à préserver le bon esprit de ce forum.
Avatar de l’utilisateur
Optalix
Brasseur
Brasseur
Messages : 1394
Inscrit depuis : 15 ans 6 mois
Mon équipement : Grainfather, Stérilisateur 27L Lidl, moulin 2 rouleaux, congélateur modifié pour la fermentation...
Brasseur : Amateur
Localisation : Hte Normandie
1 recettes partagées
A remercié : 19 fois
A été remercié : 52 fois

Transfert primaire/secondaire : non, pas toujours !

Message par Optalix »

Salut tout le monde :-)

Bon, je suis au boulot mais c'est creux... Comme d'hab j'en profite pour faire un tour par ici, et du côté de quelques forums anglais/américains :P

Certains le savent, une différence de processus importante existe entre nos pays concernant le transfert en secondaire de la bière durant la fermentation. Alors que chez nous, elle est quasi-systématique, ils sont très peu à la pratiquer.

Ce sujet n'a pas pour but de créer une polémique, simplement d'informer sur les quelques lectures que j'ai pu avoir par ci par là, permettant à certains non-anglophones de disposer ici, en français, de l'information.

Petit rappel :

Le transfert permet : une meilleure clarté (en général), la suppression du premier lit de levure (qui pourrait provoquer des faux-goûts), l'ajout d'ingrédients en secondaire (épices, dry hop,...)

Le transfert peut provoquer : une oxygénation, un risque supplémentaire d'infection, une perte de temps.

Alors que beaucoup d'articles ces dernières années tendent à prouver qu'il est nécessaire de procéder à une fermentation secondaire à proprement parler, les dernières "expérimentations" prouvent souvent l'inverse, pour certains styles de bières uniquement : je m'explique.

Les levures, aujourd'hui de mieux en mieux cultivées par les fabricants, sont de plus en plus "propres" et efficaces. Malgré des gardes prolongées, parfois sur des périodes supérieures à un mois, aucun faux goûts ne peut être détecté, et la bière est toujours aussi limpide. Ce constat est d'ailleurs vérifié par la grande majorité des juges de la BJCP, qui préfèrent parfois même une bière n'ayant pas subit ce transvasement. Elles sont d'ailleurs de plus en plus nombreuses chaque année à atteindre les podiums des plus grands concours.

Beaucoup se sont basés, comme moi, sur les articles de John Palmer, et notamment sur son site web. Palmer est, tout comme Jamil Zainasheff, l'un des personnages les plus reconnus dans notre domaine. En 2010, une conversation a été retranscrite entre les 2 hommes, débattant au sujet du transfert primaire/secondaire. Palmer, pro-transfert, et Zainasheff, qui semble-t-il ne transfère pour ainsi dire jamais. Cette conversation en dit long en peu de phrases, je vous l'ai donc traduite ! :D Cet échange date de 2010.
John: Malheureusement je perpétue le mythe de par mon site web howtobrew.com. Cette première édition parle des bénéfices du transfert de la bière pour la séparer des levures.

Jamil: Oui, c'est la manière commune de faire les choses. Mais c'était quoi, la 1ère édition seulement ? Arrêtons de tout prendre d'Internet. Achetez-vous la troisième édition, et obtenez les informations mises à jour.

John: Avec les connaissances de plus en plus poussées sur la quantité nécessaire de bonne levure en bonne santé pour une fermentation optimale, les conseils que nous avions l'habitude de donner il y a 20 ans ont changé. Il y a 10, 20 ans, les brasseurs amateurs utilisaient un seul paquet de levures sèches, directement incorporé dans le fermenteur. Il n'y avait pas aucun de choix que maintenant pour les levures liquides.

Jamil: D'ailleurs les gens ne faisaient pas de starter.

John: C'est vrai. Les conditions de santé et de vitalité de la levure étaient différentes comparés à maintenant. Dans le passé, cela avait du sens [ndr : d'effectuer un transfert primaire/secondaire]. Les levures, plus faibles, qui avaient terminé la fermentation étaient plus susceptibles de s'autolyser et de casser. Ce n'est plus le cas de nos jours. Le niveau du brassage amateur a augmenté au point où nous sommes capables de faire de la bière avec la même résistance que les professionnels. Nous avons amélioré nos techniques et notre compréhension de ce qui faisait une bonne fermentation jusqu'à ce niveau, à tel point que vous n'avez plus besoin de transférer la bière pour enlever les levures, n'ayant plus de problèmes d'autolyse contrairement à ce que nous conseillions auparavant.

Jamil: A moins que vous ne fassiez une fermentation à long terme à des températures assez hautes, mais même dans ce cas cela n'a de sens que si cette période est supérieure à 1 mois ! Je pense à ça en même temps que je pense aux phénomènes d'autolyse, qui devaient être dus au fait que les gens utilisaient des levures faibles en quantité inappropriée. Les gens transféraient aussi car cela permettait d'oxygéner légèrement la bière, aidant à atténuer un peu plus la densité. Je pense que c'est entre autre pour cela que l'on considérait comme utile le transfert il y a quelques années.

John: Mais de nos jours, nous ne recommandons plus de secondaire. Laissez la bière en primaire, disons, 1 mois. Les fermentations d'aujourd'hui sont en assez bonne santé pour assurer qu'il n'y aura pas de goûts ou faux-goûts dus à l'autolyse par le fait d'avoir laissé la bière sur le même lit de levure pendant une période de temps importante.

Jamil: Si vous utilisez des levures saines et en bonne quantité, le reste peut aussi dépendre du style de fermeteur. Si vous utilisez ce genre de seaux en plastique à base large, la levure flocule en couche fine. Ce n'est pas comme gérer un fermenteur de très grande capacité. Les gens pensent "Les brasseurs commerciaux retirent la levure ayant floculée car cela va faire une mauvaise bière. On devrait tous faire pareil". Beaucoup de ces idées viennent de là. Mais les brasseurs commerciaux travaillent sur les volume énormes, avec énormément de pression dans le fermeteur, sur les levures. Les levures reposent dans ces petits cônes, entassées profondément, et cela engendre beaucoup de chaleur. Le corps de certaines levures peut alors être plus chaud que le reste des levures, de plusieurs degrés, ce qui peut cuire les levures et les faire mourir prématurément, engendrant des problèmes de goût, et en à peine 2 jours la viabilité de cette levure peut chuter de 25, 50%, c'est pourquoi les brasseurs commerciaux les enlèvent. Il n'y a pas cette restriction en brassage amateur. Ces fermenteurs largent permettent à la levure d'être répartie de manière égale. C'est un avantage pour la clarifier la bière. Vous avez l'avantage que la levure ne casse pas aussi rapidement. Vous n'avez pas autant de pression. C'est énormément d'avantages.
Voila pour la traduction ! C'est assez approximatif, autant que l'est le dialogue en anglais qui est en fait le report à l'écrit d'un dialogue oral enregistré à la va-vite.

Beaucoup d'enseignement et de sérieux avis donc sur la non-nécessité d'une fermentation secondaire. Il est cependant important de préciser qu'il existe quelques conditions à son utilisation :

- Si vous souhaitez faire un DH ou ajouter des épices par exemple, la secondaire reste nécessaire.
- Si la bière possède une forte densité, et qu'elle doit mûrir plus longtemps, le transfert en secondaire est là aussi fortement recommandé.

Au final, beaucoup de bière peuvent donc être fermentées sans fermentation secondaire. Une primaire de 3 semaines / 1 mois, transfert vers cuve pour sucrage et embouteillage, et le tour est joué !

Pour ma part, pas de brassins avant Février prochain ( :( ), mais je compte bien tester tout ça dès mon retour ! Et vous, vous en pensez quoi ?

Nico
rudolph7
Brasseur
Brasseur
Messages : 1174
Inscrit depuis : 16 ans 10 mois
Brasseur : Amateur
Localisation : Lille
A remercié : 3 fois
A été remercié : 24 fois

Re: Transfert primaire/secondaire : non, pas toujours !

Message par rudolph7 »

Avec certaines levures, un transfert en secondaire permet de les réactiver un peu car elles ont tendance à s'endormir quelque peu....je pense notamment à la rochefort..qui a tendance à baisser d'activité entre 1020 et 1030 (bon c'est normal, en général il y a déjà pas mal de watts de consommés) et qui repartent de feu de dieu après un transfert.

Moi aussi ça me permet de gagner en limpidité sur les bières.
19-21 / 09: Belgo @ Ellezelles
27-28 / 09: Boreft festival @ De Molen Brouwerij Bodegraven
lamouette
Brasseur
Brasseur
Messages : 1205
Inscrit depuis : 16 ans 1 mois
Brasseur : Amateur
A remercié : 6 fois
A été remercié : 26 fois

Re: Transfert primaire/secondaire : non, pas toujours !

Message par lamouette »

salut :wink:
ben ça dépend des levures, là je travaille avec une souche anglaise, ça reste toujours trés clair. Du coup j'essaie les 2 techniques: sans transvaser et en transvasant. La 1ere n'a pas été transvasée , j'ai fait un houblonnage a cru de 2 semaines , il n'y a pas de faux gout c'est archi clair la levure était trés floculée. La 2eme a été transvasée hier , on verra la difference plus tard.
Ca a donné quoi ton irlandaise , Optalix?
Avatar de l’utilisateur
Optalix
Brasseur
Brasseur
Messages : 1394
Inscrit depuis : 15 ans 6 mois
Mon équipement : Grainfather, Stérilisateur 27L Lidl, moulin 2 rouleaux, congélateur modifié pour la fermentation...
Brasseur : Amateur
Localisation : Hte Normandie
1 recettes partagées
A remercié : 19 fois
A été remercié : 52 fois

Re: Transfert primaire/secondaire : non, pas toujours !

Message par Optalix »

Rien, car je ne l'ai pas brassée... Rien eu le temps de faire ! Entre le stage, la famille, les potes... Avant de partir au Danemark je suis surbooké ! Du coup j'ai tout rangé bien comme il faut pour pas que ça se perde, et je brasse ça en Février normalement.

Ton expérience est l'une des preuves de la forte probable inutilité du transfert en secondaire ! Ca peut être intéressant à ton échelle je pense lamouette.

rudolph > Effectivement tu as raison, mais c'est surtout vrai pour des levures de bières assez fortes, comme la Rochefort que tu cites. Elle fait partie des cas de fermentation de bières fortes dont je parle, qui eux nécessitent un transfert.
Avatar de l’utilisateur
nopseudo07
Ch'ti nouveau
Messages : 213
Inscrit depuis : 15 ans 1 mois
Je suis tuteur : oui
Mon équipement : Micro-brasserie de 12 Hl
Brasseur : Pro
Localisation : Ardèche
A remercié : 35 fois
A été remercié : 7 fois

Re: Transfert primaire/secondaire : non, pas toujours !

Message par nopseudo07 »

Merci de lancer un tel débat avec cette traduction de 2 dinosaures du monde du brassage amateur.

Pour ma part, j'ai déjà réalisé sur la même recette de bière, une EPA, les 2 techniques... RAS sur le résultat final, que ce soit au niveau de la limpidité ou du goût.
Je me tâte même à en faire de même sur des recettes avec DH :think:
Car c'est plutôt très agréable à ne pas avoir à faire ce transfert et de doubler aussi le nettoyage de cuves mais aussi d'avoir toujours une cuve de libre pour cette rotation.
lamouette
Brasseur
Brasseur
Messages : 1205
Inscrit depuis : 16 ans 1 mois
Brasseur : Amateur
A remercié : 6 fois
A été remercié : 26 fois

Re: Transfert primaire/secondaire : non, pas toujours !

Message par lamouette »

euh pour liberer une cuve c'est plutot en transvasant qu'on l'obtient, enfin ça dépend du rythme de brassage , mais si on brasse toutes les semaines il faut 2 cuves en transvasant, 3 sans transvaser. Mais c'est sûr, moins de travail sans transvaser, moins de risques de contamination, et on conserve le lit de CO2.
Et merci Opalix pour cette belle traduction :clap:
Avatar de l’utilisateur
Hsif
Ch'ti nouveau
Messages : 138
Inscrit depuis : 14 ans 2 mois
Mon équipement : 2 futs 50l + seaux 30l + moulin + ... + ...
Brasseur : Amateur
Localisation : Bruxelles
A été remercié : 2 fois

Re: Transfert primaire/secondaire : non, pas toujours !

Message par Hsif »

Pourquoi une secondaire serait nécéssaire pour le dry-hopping? On pourrait pas ajouter le houblon avant de mettre en garde? Pourquoi sans secondaire il faudrait 3-4 semaine de primaire? Perso je fermente 7-10 jours, je laisse 2-3 jours sans glouglou, je passe en garde à 3-5°C pendant 2/3 semaines puis 1 mois de refermentation en bouteilles et j'ai eu un(! car 1 seul brassin qui est fini) bon résultat. Le tout sans transvasements (à part pour embouteillage évidemment).
Avatar de l’utilisateur
Wrendral
Ch'ti nouveau
Messages : 193
Inscrit depuis : 15 ans 3 mois
Mon équipement : Cuve inox 50 L, Filtre en cuivre (inspirer de particules)
Deux seaux de fermentation, capsuleuse.
Moulin corona.
Brasseur : Amateur
Localisation : Rouen
A été remercié : 10 fois

Re: Transfert primaire/secondaire : non, pas toujours !

Message par Wrendral »

Merci beaucoup pour cette traduction !!`Texte très intéressant.

Je remarque tout de même qu'ils partent du principe que les levures sont de meilleures qualités, notamment par l'utilisation de levures liquides et de starter.
Mais moi qui n'utilise que des levures sèches sans faire de starter, un transfert est peut-être préférable ?
Avatar de l’utilisateur
belgiumfanatic
Brasseur
Brasseur
Messages : 1738
Inscrit depuis : 15 ans 3 mois
Mon équipement : Pico 100 litres
Brasseur : Amateur
Localisation : Bacalar.Quintana Roo Mexique
A remercié : 25 fois
A été remercié : 34 fois

Re: Transfert primaire/secondaire : non, pas toujours !

Message par belgiumfanatic »

+1 je teste ca au prochain brassin, c est vrai que le tranfert ca augmente les risques de contaminations, et d oxidation, le mieux , c est quand meme la cilindro, mais quand on en a pas..., je vourdrai pas dire de betise mais il me semble que le brasseur de la grenaille, fait ou faisait ses fermentation en fut bleu sans transfert,...a confirmer si il le fait ou non , mais je ne doute pas que ses bieres soit tres bonne. le seul point qui me parait sensible sur le non tranfert c est la reprise d activité, quand on transfert, ca reprend un peu et la densité continue de baisser... en tout cas je test ca surt mon prochain brassin avec recuperation de levure de bouteille commerciale.
a+
Kveik en version blonde, ámbar, ipa, wit, Stout
lamouette
Brasseur
Brasseur
Messages : 1205
Inscrit depuis : 16 ans 1 mois
Brasseur : Amateur
A remercié : 6 fois
A été remercié : 26 fois

Re: Transfert primaire/secondaire : non, pas toujours !

Message par lamouette »

Il ne faut pas établir de règle, ça dépend des levures et des méthodes. Le mieux est de faire un essai. Pour HSIF , bien sûr on peut faire un dry hopping avec une longue primaire , si ça convient .