Terrelfe a écrit:philo a écrit:bières quelquoncques……sans intérêt
Je trouve que tu exagère on ne peux pas dire que les bières sont quelconques !
Si, quand même un peu. ça tourne quand même beaucoup autour de l'éternel trio blanche-blonde-ambrée, à savoir un clone de Hoegaarden, un clone de Leffe blonde et un clone de Palm, qu'on retrouve à mon humble avis un peu trop partout dans les micros et brewpubs français (et Suisses Romands).
Simplement importer le "goût belge", en version pas toujours maîtrisée, j'ai aussi un peu de peine à voir ça comme de l'originalité.
Terrelfe a écrit:On ne trouve pas partout une bière a double fermentation, au sirop d'érable !
Faut pas croire tout ce qu'on te dit pour vendre un truc.
Toute bière digne de ce nom est une bière "à double fermentation", avec une fermentation primaire et une secondaire - les brasseurs amateurs sont en général pas mal au fait de ce genre de chose - donc oui, de la bière "à double fermentation", on en trouve partout...
Quant au sirop d'érable, certes, pas beaucoup de bières en font usage, en Europe, mais y'a toujours la question d'une recherche effective sur le goût du produit, ou du simple gimmick promotionnel, qui est trop souvent le cas pour les aromatisations de bière...
Terrelfe a écrit:De plus il y a une véritable recherche de la qualité,
Tu entends quoi, exactement par "qualité".
Qualité, peut vouloir dire tout et n'importe quoi, dans le domaine de la bière, et le marketing des gros brasseurs en use et en abuse allègrement. Les grosses bières de masse sont souvent d'une qualité exemplaire sur le plan de la maîtrise technique, de l'absence de défauts objectifs et de la régularité. Qu'elles soient peu inspirantes côté goût, par contre, c'est clair...
La dernière fois que je suis passé par Lille, il y a un peu plus d'une année, sur quatre bières dégustées aux 3 brasseurs, trois trahissaient une garde trop courte : profil typique de bière verte, palais flou, surtout dans l'amertume finale, et une astringence qui accroche les côtés de la langue. Le problème est que la majorité des consommateurs, et pas mal de brasseurs, ne savent pas identifier ce problème-là ...
Terrelfe a écrit:et de l'originalité .
Question de point de vue. Pour un consommateur lambda français, je peux concevoir que tout ce qui sort de la blonde de masse passe aisément pour de l'originalité.
Pour un amateur chevronné qui est allé chasser les bières en Italie ou au Danemark, où certains brasseurs passent le cadre de référence au bulldozer, coller "3 Brasseurs" et "originalité" dans la même phrase susciterait plutôt un sourire sceptique.
Si l'originalité, c'est coller des aromatisations comme des pièces rapportés dans des bières quelconques, en forçant bien pour que le consommateur le plus blaireau reconnaisse cette aromatisation, plutôt que de viser une intégration de l'aromatisation dans un tout harmonieux, ben c'est l'échec.
Si l'originalité, c'est user d'un vocabulaire ronflant qui ne veut rien dire, genre "double fermentation" (cf supra) ou "avec les houblons les plus fins" (qui c'est, alors, qui emploie les houblons de merde ?

) pour des bières fondamentalement quelconques (une stout irlandaise n'est pas "originale", elle peut être différente de la norme locale, mais reproduire un style donné n'est pas en soi de l'originalité), au lieu d'informer honnêtement le consommateur sur la nature réelle du produit, c'est l'échec aussi.
J'ai aussi un problème fondamental avec la manière dont les 3 Brasseurs se présente comme une brasserie artisanale, alors qu'il s'agit d'une chaîne de franchises, comme les grandes enseignes de fast-food, à ceci près qu'elle travaille avec un produit infiniment plus délicat à maîtriser qu'un hamburger. Il y a donc tromperie de fait sur la marchandise autour du terme "artisanal" quand l'essentiel (cadre, bières, nourriture etc.) des succursales est standardisé et se retrouve tel quel de l'une à l'autre...
Enfin, c'est mon point de vue d'apparatchik d'organisation de consommateurs de bière.

Toutes les opinions se valent, mais certaines ont un budget marketing annuel de 100 millions d'Euros derrière elles. (Tim Webb)