de The Submarine Captain le 16 Mar 2007 12:19
Non, c'est un relativement petit festival, par rapport aux monstres comme le GBBF, le NWAF, Peterborough, Pompey... euh Portsmouth et St. Albans.
D'ailleurs...
un chouia de background pour bien comprendre la bière britannique :
La cask ale, dont la CAMRA fait la promotion, est un produit fondamentalement différent des bières continentales.
Sa spécificité est d'être refermentée en fût, non filtrée, non pasteurisée, mais elle ne doit pas être trouble (sauf mention spécifique)
La température de service est 12-14°C, pas glacée. cette tempéraure est nécessaire à ce que ces fermentations hautes assez peu denses développent au mieux leur goût (qui peut être bluffant d'intensité pour des bières si légères)
Mais si c'est servi franchement tiède, c'est pas correct.
L'effervescence, donc la mousse, sont souvent relativement faibles, mais c'est voulu, la prise de mousse est 100% naturelle, par fermentation en milieu clos.
Y'a pas de pression externe de CO2, on sert par pompe manuelle ou tirage direct du fût (gravity dispense)
Donc ça pourra paraître plat, tiède, mince, bref, bizarre, mais justement, c'est la spécificité du produit, et il faut la prendre comme elle est.
Et elle a comme avantage de ne pas ballonner l'estomac, de ne pas l'agresser parce que trop froid, de ne pas écoeurer sur la distance, et de ne pas monter trop vite à la tête.
La notion centrale, là, c'est celle de "session beer" : une bière légère, mais goûtue, dont on peut dégommer quelques pintes comme lubrifiant social au pub (auquel elle est intimement liée), sans être trop bourré.
Utile vu que le pub de quartier sert de vestibule de décompression entre le boulot et la maison entre 5 et 7.
Donc c'est pas la course aux armements (quoique, niveau houblons, 35 IBU étalés sur 3,5% d'alcool, comme l'Adnams Bitter, ça cogne tranquille à la sortie...), mais la recherche de l'équilibre, d'une certaine subtilité, et la "buvabilité" y est une valeur très positive.
Cedrtains styles de bière britanniques traditionnels, bitters, pale ales, IPAs, strong ales, wheat ales etc. sont aussi surprenants, parce que, contrairement aux bières continentales, généralement construites autour du malt, ils sont souvent construits autour d'un houblonnage aromatique.
Ensuite vient, en soutien, une combinaison de malts caramel / noisette ou blond qui peut être assez complexe, et une bonne dose d'esters, signature d'une souche de levure de fermentation haute.
Et même les styles de bière qui sont plus basés sur le malt que sur le houblon comme les stouts/porters, les old ales, les milds ou les 80/- écossaises, ont tendance à être relativement sèches et minces, avec un fruité marqué.
Le grand génie des brasseurs britanniques est de savoir déployer des goûts très intenses sur des densités faibles. C'est un art difficile, bien plus que de faire une bière à 8% qui tienne la route...
Bref, on est surpris quand on connaît juste les lagers et les spécialités belges, mais une fois qu'on a saisi la logique sous-tendant le sbières britanniques et qu'on peut les apprécier pour ce qu'elle sont, pas ce qu'on aimerait qu'elles soient, y'a un sacré pied à prendre.
Et c'est aussi le contexte idéal pour s'exercer à la détection des houblons, citriques, fruités, terreux...
Cheers mate !
Laurent
Aimer la bière n'a jamais empêché d'avoir du goût.