Ce week-end, pendant que certains iront déguster des nectars artisanaux à Saint Nicolas (suivez mon regard), je brasserai mon second brassin.
La première fois, j'avais réalisé une brune de style "Brown Porter", dont il ne me reste malheureusement pour moi, que deux ou trois bouteilles sur les 15 litres brassés. Cela dit, je pourrais dire "heureusement pour moi", parce tous mes cobayes ont non seulement survécu dans de parfaites conditions, mais ont aussi apprécié ce qu'ils avaient bu. Cela fait une drôle d'impression de se mettre une mite avec sa propre bière, mais ceci est une autre histoire.
Bref, la recette que j'avais appliquée était le travail de tout un été. Tous mes calculs avaient été faits à la main, densité, taux d'alcool, IBU etc. Une vérification sur BeerTools récente m'a montré que mes calculs étaient justes, et que ma bière correspondait à 80% au style, les 20% manquant étant dus à un houblonnage plus marqué, proche de celui des stouts (43.
Pour élaborer la recette, j'ai dû penser à plusieurs facteurs : quel type de bière est-ce que je voulais, quel goût voulais-je retrouver, quelle texture, quelle "pétillance" (ça existe ce mot?), quelles flaveurs etc.
Amateur de brunes (et oui
Ensuite la levure. J'ai pas cherché très loin, j'ai pris de la SafAle 04. Rien que l'odeur de la levure est un délice, je vous la conseille.
Parti sur une densié de base de 1.050, j'ai donc fait mes petits calculs.
Considérons 50° de densité (1.050), sachant que chaque gramme de malt apporte 0.28° pour le blond, 0.24° pour le caramel, 0.19° pour le chocolat. Je ne compte pas le noir, car je n'en ai mis que 5% du poids total.
X x 0.28 + Y x 0.24 + Z x 0.19 = 50
TRois inconnues, c'est pas dramatique en cuisine. Il suffit d'éliminer la première en considérant que le malt de base doit être quantitativement le plus important. Donc, après moults tâtonnements, cela nous donne :
125gr Malt BLond
53.5gr. Malt Caramel
10 gr. Malt chocolat
Et tout ça par litre. Multipliez par 15, et vous aurez la recette pout quinze litres.
1875gr. Blond
800gr. Caramel
150gr. Chocolat
Et 5% de malt noir.
Pour le houblon, je voulais le faire en trois parties : amèrisation, aromatisation, et houblonnage "à cru".
J'ai utilisé pour celà 15 gr. de Nugget (60 min), 12.5 de Cascade (15 min) et 12.5 de Fuggles (5 min).
Après refroidissement du moût, passage dans la cuve de fermentation et là, stupeur, je n'avais plus mes quinze litres ! (normal, hé, couillon, entre ce que le grain a absorbé et ce qui s'est évaporé, il en manque fatalement! Réfléchis !)
J'ai corrigé tout ça en ramenant le volume à quinze litre, et corrigé avec du sucre de table dilué (1gr saccharose= 0.42° de densité).
Je vous l'ai pas dit, mais le brassage avait commencé vers 12h. Au moment du passage en cuve, il est 19h30. Et le fait que je n'aie pas de refroidisseur m'oblige à attendre que le moût soit en dessous de 20° pour ensemencer.
Bon, 21h30, 20°, plouf les levures.
Le lendemain (j'ai pas bien dormi, allez savoir pourquoi), rush vers la salle de brassage et là, oh! La bonde glougloute comme une folle (si une bonde peut-être folle). J'ai dû passer une demi-heure le nez collé à la bonde pour sentir les éfluves de la fermentation ! On dit à ce propos que les gaz de fermentation alcooliques ne sentent pas bon, ben en ce qui me concerne, c'est archi-faux. Ca sent bon la bière !
Six jours plus tard, ce fut le changement de cuve pour la fermentation secondaire.
(à suivre)




