La pénurie mondiale de houblon, précieux ingrédient qui apporte son arôme et son amertume à la bière, fait grimper les prix de cet aromate et pénalise les petits brasseurs américains.
A l'origine de cette pénurie, une surproduction de houblon il y a dix ans qui avait provoqué une chute des prix et incité les agriculteurs à consacrer moins d'hectares à la culture de cette plante, explique Paul Gatza, directeur de l'Association des brasseurs.
Les agriculteurs du Nord-Ouest des Etats-Unis (Washington, Oregon et Idaho), qui fournissent l'essentiel du houblon destiné aux brasseries américaines, avaient suivi le mouvement et réduit leurs surfaces cultivées.
La production excédentaire avait été transformée en un extrait permettant un stockage à long terme, stock qui se révèle désormais insuffisant en dépit d'une utilisation moindre du houblon dans les brasseries depuis cinq ans.
A cela se sont ajoutés des conditions climatiques et d'autres facteurs qui ont affecté les récoltes dans le monde et fait également grimper les cours, soulignent Paul Gatza et le courtier en houblon Ralph Olson, basé dans l'Etat de Washington.
"Tout à coup, l'an dernier, la panique a éclaté," raconte M. Olson, qui dirige Hopunion, un des principaux fournisseurs de houblon pour les brasseurs de bière.
"Que voulez-vous dire par nous n'avons pas de houblon? Nous voulons du houblon!", répétaient les artisans brasseurs.
"Les brasseurs internationaux voulaient acheter, les stocks étaient tendus et ils étaient prêts à payer n'importe quoi", se souvient M. Olson.
Aujourd'hui, les agriculteurs du Nord-Ouest se bousculent pour augmenter leurs surfaces cultivées en houblon de quelque 25%. Néanmoins, cela prendra plusieurs années avant de pouvoir réaliser les premières récoltes.
Les brasseries artisanales fournissent 4% de la production américaine de bière en volume mais représentent 1.406 des 1.449 brasseries du pays.
Avec une augmentation du quintuple l'an dernier du prix pour certaines variétés de houblon, de nombreux brasseurs artisanaux vont répercuter la hausse aux consommateurs, dans les bars et les magasins.
Steve Hindy, fondateur et président de la Brooklyn Brewery, brasserie artisanale qui peut se vanter d'être dans les 40 premières du pays et de produire la quatrième bière pression la plus vendue à New York, a dû ainsi augmenter ses prix de 5% en février face à l'envolée des cours du houblon.
En tous cas, se réjouit-il, cela n'a pas eu d'impact sur les exportations vers l'Europe: "Cela ne les a pas fait ciller, le dollar est tellement faible!"
Nick Bertram produit quant à lui depuis dix ans des bières blondes et brunes dans sa brasserie appelée Bertram's Salmon Valley Brewery and Restaurant, dans l'Idaho. En avril, il s'est pour la première fois trouvé en panne de houblon.
"J'étais coincé et je ne pouvais pas en obtenir", raconte cet artisan, sauvé par une loterie organisée par un gros brasseur qui a pu ainsi dépanner en houblon ses confrères de plus petite taille.
C'est la région du Nord-Ouest des Etats-Unis, le long de l'Océan pacifique, qui a la première permis la renaissance des ces petites brasseries indépendantes et artisanales, qui n'avaient pas été détruites pendant la prohibition (1920-1933).
Aujourd'hui, les principales se trouvent dans l'Oregon, l'Etat de Washington et le Colorado, même si ce type de brasseries artisanales peut se retrouver dans tout le pays.
Cours du Pétrole en 2008
Source: www.liberation.fr





