LONDRES (Reuters) - Scottish and Newcastle, premier brasseur de Grande-Bretagne, s'est dit mercredi défavorable à l'éventualité d'une offre de rachat de ses concurrents Carlsberg et Heineken visant à le démanteler.
S&N se dit confiant dans le maintien de son indépendance. Il ajoute dans un communiqué ne pas avoir été approché par les deux brasseurs et juge le projet de démantèlement "non sollicité et malvenu".
Calsberg et Heineken ont déclaré mercredi être en discussion concernant la formation d'un consortium en vue d'une offre sur S&N.
Si elle est formulée, Carlsberg entend acquérir les intérêts de S&N dans le brasseur d'Europe de l'est Baltic Beverages Holdings (BBH), en France et en Grèce, tandis qu'Heineken reprendrait des actifs en Grande-Bretagne et sur d'autres marchés européens.
Le titre S&N bondit de 19,87% à 763 pence vers 14h30 GMT, Heineken prend 1,94% 46,86 euros et Calsberg 2,25% à 774,00 couronnes.
S&N, basé à Edimbourg, est considéré depuis des années comme une cible potentielle d'OPA et le danois Calsberg a longtemps fait figure de candidat le plus probable car les deux groupes sont déjà associés à parité dans BBH, qui connaît une forte croissance.
Les analystes ont également toujours jugé probable la participation du néerlandais Heineken pour éviter des problèmes liés à la concurrence, notamment en Grande-Bretagne, en Finlande et au Portugal, de l'avis d'analystes.
PAS DE BATAILLE D'OFFRES EN VUE
"A cette date, aucune approche formelle n'a été faite auprès de Scottish & Newcastle et il n'est pas certain qu'une offre sur Scottish & Newcastle soit finalement faite", déclarent les deux brasseurs dans un communiqué commun.
"L'essentiel pour Carlsberg est de s'assurer le contrôle total de BBH et la question est de savoir comment il peut le faire de la manière la plus élégante", estime Bjorn Schwartz, analyste chez Sybank. "On peut facilement imaginer que l'association avec Heineken s'explique par la position que Carlsberg détient déjà en Grande-Bretagne".
Marcel Hooijmaijers, chez Kepler Equities, évalue, sur la base de son objectif de cours de 700 pence pour S&N, la valorisation du brasseur à environ huit milliards de livres sterling. Il ajoute que les activités intéressant Carlsberg valent environ cinq milliards de livres et celle visées par Heineken près de trois milliards de sterling.
Hooijmaijers ne s'attend pas à une bataille d'offres pour la reprise de S&P. "Parce que c'est un consortium, il a le pouvoir financier de le faire", a-t-il estimé.
Matthew Webb, analyste chez Cazenove, ajoute: "Le fait que toutes les offres éventuelles émaneront d'un consortium n'améliore pas nécessairement l'opportunité globale en matière de synergies et réduit clairement la probabilité d'une proposition concurrente. Cependant, un consortium permet clairement de réduire les barrières antitrust".
Selon les calculs de Webb, Carlsberg pourrait à lui seul proposer 800 pence par action S&N et obtenir encore un effet positif de 18% sur son bénéfice total à un horizon de trois ans, dans l'hypothèse d'un rachat en solo.
source : http://actualite.free.fr/economie/3_200 ... 71017.html


