Bon j' ai filtré les photos, réduit, et voilà le résultat:
Dans une cocotte minute, j' ai mis de l'orge cru (bio) tout frais de la
ferme, à peine nettoyé:
Oui la photo est floue, désolé.

Dans une deuxième cocotte, j 'ai mis de l'orge germé que j 'avais fait sécher une trentaine d 'heures à 50 °C dans un four à chaleur tournante.
Je n'ai pas voulu utiliser l'orge en cours de germination pour ce test car il est trop humide et je craignais que cela se transforme en infâme bouillie genre pudding...
Attention, mise à zéro des compteurs, 1 kg de chaque côté, 2 plaques à induction (nucléaires, donc...) réglées pareil...
Nous avons, à gauche, le grain cru non germé ni mouillé ni rien du tout que nous appellerons Robert, et à à droite le grain qui a été trempé 12 h, puis aéré 12 h, puis trempé 12 h, etc... pendant 3 jours, puis mis à germer dans un bac ventilé à température contrôlée, puis séché à 50 °C pendant une trentaine d' heures, avant de le placer dans une cocotte minute identique à celle de gauche.
Nous l' appellerons Wolfgang Amadeus par souci de simplification.
Au bout de 5 minutes, Wolfgang chauffe nettement plus et commence à crépiter méchant. Robert ne moufte rien.
Un thermomètre judicieusement placé nous permet de vérifier l 'état des choses:
Effectivement Wolfgang est nettement plus chaud à cette heure que son copain Robert, alors que l'apport calorifique est à priori identique. Le taux d'humidité doit y être pour quelque chose. Il pétarade comme du pop corn.
Une chose est sûre : il faut touiller, touiller et touiller encore si on ne veut pas que ça brûle, et ça va très vite. Pas le temps d' aller faire une exploration du frigo...
Bon histoire de travailler des deux bras j 'ai doublé le matos :
On a beau dire mais les touilles, ça va mieux par paire.
Après une heure de cuisson en essayant de rester aux environs de 150 °C, Robert a pris un bronzage qui nous ferait croire qu'on est au mois d'Août (alors que tout le monde sait qu 'on est en Novembre), tandis que Wolfgang nous fait plutôt grise mine, ce qui ne l'empêche pas de continuer sa crépitante musique:
Bon sur la photo c'est pas flagrant mais en fait c'est doré à gauche et plutôt grisounnet à droite.
Après 1 H 30 les couleurs deviennent assez proches de chaque côté. Il faut remuer en permanence.
Je crois avoir trouvé une nouvelle vie pour mon vieux mélangeur à base de moteur d'essuie-glaces...
Après 5 heures de touillage permanent des deux cocottes, j' obtiens ça:
La couleur est belle, même si on voit qu 'elle n' est pas uniforme (manque de touille...). L'odeur est très agréable, pas de brûlé.
Mais vous allez me dire...Et le Goût ?
En final les deux grains sont très proches. Les deux ont une bonne friabilité mais Wolfgang est mieux de ce point de vue.
Robert est doux et délicat, avec une note de café, Wolfgang est plus corsé et plus profond. Robert n'a aucune amertume, c 'est que de la douceur, alors que Wolfgang mêle le sucré (dû au séchage préalable à 50 °C) à une légère amertume sûrement due à la caramélisation des sucres.
Donc Wolfgang est à priori plus complexe mais aussi plus difficile à doser. En tout cas les deux sont très agréables et pas du tout amers comme les malts que je torréfie au four à 170 °C.
Physiquement une fois passé au tamis on ne voit pas de différence entre le grain brut et le grain germé, et la différence de goût au final est minime. Donc pour faire son grain torréfié, je concluerai en disant que ça sert à rien de se faire c...à le faire germer avant.
Et en plus c' est une sacrée perte de temps pour pas grand chose, il vaut mieux l' acheter tout fait !
