C'est clair que surchauffer du miel, s'il faut le consommer tel quel par la suite, c'est à proscrire, mais clairement, pour l'usage dans la bière, un miel cru revient à jouer à la roulette russe avec tes brassins, à avoir de la chance parfois, et à la plupart du temps te taper des contaminations par des levures sauvages ou des bactéries.
Si certains, soucieux de pas perdre leur temps avec des brassins qui partent à l'égoût, appliquent un principe de précaution, ce n'est pas à toi d'en juger définitivement à leur place. Je comprends qu'avec une formation d'apiculteur, ça te hérisse, mais ici on parle de bière, avec les contraintes spécifiques que ça suppose
Tout ce qui est différent peut passer comme "pas mal", même si ça vient d'une contamination, d'une panne de fermentation etc. pour un palais non entraîné au contrôle qualité et à l'identification au goût des problèmes de fermentation dans la bière. Personnellement, vu le nombre d'horreurs que j'ai goûté, même vendues par des "professionels", j'en suis à ne plus croire un "pas de problème" avant d'avoir pu faire une dégustation de contrôle des bières en question...
Et après on s'étonne qu'un brasseur de ma connaissance ironise sur le "concept de 'goût de bière artisanale française', plus connu dans le reste du monde sous le nom d'infection"...
Tu parles d'hydromel : certes c'est souvent bon, mais le caractère très phénolique de l'hydromel "réussi" ne passe pas toujours bien dans une bière... quant à un hydromel ou la fermentation part en vrille, c'est vraiment infect, même de poser le nez dessus: mélange de goudron/phénol, de jus de chou-fleur et d'oeufs pourris.
Tu as juste eu de la chance, je pense...
Et les somptueux breuvages de nos ancêtres, on n'y était pas, donc c'est un peu très léger d'affirmer ça d'un coup de cuillère à pot...
Quand on voit la difficulté qu'il y a à tenter de recréer des bières sur la base de recettes vieilles 100 ou 120 ans seulement, on se rend compte que la vision romantique de "nos ancêtres", du "bon temps" etc. est à proscrire
En fait, nos ancêtres, mangeaient et buvaient des trucs passablement infâmes juste pour survivre, qu'il s'agit de processus de conservation (fermentation, salaison, fumage) traditionnels partis en vrille, ou d'aliments falsifiés et frelatés, et bien souvent finissaient par en mourir...
Santé !
Laurent






