je ne connais pas la raison exacte,
Pour un grain cru, il faut dire que les enzymes sont très peu présentes. Justement le maltage permet entre autre d'obtenir ces enzymes. C'est surtout que l'amidon du grain cru est très dur : coupez en 2 un grain d'orge cru et le même malté (ok ce dernier a été chauffé mais quand même !). Il faut donc effectivement qu'on "ramollisse" l'amidon pour qu'il soit digérable par nos chères enzymes. C'est ce qu'on appelle la gélatinisation, même chose que quand on rajoute de la Maïzena (fécule de maïs pour mes compatriotes) pour épaissir une sauce : à froid ça fonctionne pas, à chaud on note qu'à une certaine température, ça prend. Je précise cela pour ceusse qui cuisinent... ceux qui n'ont jamais eu à épaissir une sauce auront du mal à saisir
(c clair ou pas ?)
ben comme c'est toi le boss, on va dire que oui
Je vais faire encore moins clair :
Bon en un mot comme en 100, rajouter des céréales non maltées s'appelle brasser aux succès d'année (pardon succédané). En théorie, on aurait besoin d'un cuiseur externe pour gélatiniser ces céréales (procédé très peu connu ici au Québec, il y en a à ma connaissance juste 2-3 microbrasseries qui utilisent cette méthode). Il y a plusieurs raisons à faire cela, les brasseries industrielles le font pour économiser (le maïs, c'est moins cher que le malt), d'autres pour une bière sans gluten (avec du riz) etc... Par contre, suite à une discussion avec un important malteur canadien, il importe d'ajouter dans le cuiseur du malt bien spécifique (on appelle cela à fort pouvoir diastatique), cad avec plein d'enzyme qui vont casser ce qu'on veut (dextrine en maltose). C'est d'ailleurs "tout simplement" comme cela qu'on fait du Bourbon, il en sait quelque chose il a travaillé pour les Bronfman (Seagram).
C'est tellement efficace qu'il m'a dit de procéder ainsi : montée de température linéaire jusqu'à 100°C à raison de 1°C/min, ca suffit pour gélatiniser et amylaser le grain cru. Après il suffit de rajouter la bouillie (???) à notre maishe pour élever la température comme une décoc classique. Je vais essayer cela prochainement dans ma SEB pendant l'empattage avec du maïs en gritz @62-74°C.

Flocon : il m'a été confirmé que les flocons sont déjà gélatinisés et ne nécessite pas le casse-tête précédent juste utile si vous aimez la vaisselle.
au fait, et ma salade à froid je l'appelle comment
de mémoire, il y a outre l'hydratation post mouture, la lipase, la betaglucanase et la protease. C'est bon pour les coupeurs de cheveux en 4 : la lipase augmente l'acidité de la maische, la betaglucanase aide au procédé industriel (filtrage, rendement...) et celle qui nous intéresse la protéase tronconne les protéines géantes. Chacune bien sûr doivent respecter une température et une durée bien précise. Toujours suite à la discussion avec le directeur de prod de maltage, ces étapes sont dans le cahier de charges de tous les malts sur le marché. Pas trop besoin donc de s'en occuper, à moins -et j'en rêve- de malter soi-même une orge de mauvaise qualité qui a poussé dans son jardin.
FdB, bavard ajd
